Portraits de Saint-François 

(publiés à l'ocasion du 8e centenaire de sa naissance, 1182-1982)

 

1909-1989

©Voici la copie original donner par le Père Côté. o. f. m.
avec l'autorisation du Père Damien Côté o.f.m. :

Toutes les références viennent du Document Bleu du
PP. Théophile Desbonnets Damien Vorreau. o.f.m.

 

Introduction

Ces deux pages sont reproduire pour le 800e anniversaires de la naissance de Saint-François sur cette terre. Cela a été publier ensuite dans le journal " La Tribune" pour que le monde connaissance mieux ce Saint mais aussi son oeuvre. Nous avons décidé de remettre les 52 portraits pour les faire connaître et aimer, mais pour dire encore aujourd'hui: Dieu nous appel à suivre Saint François et à lui rendre gloire pour toute la vie humaine et spirituel.

1er Portrait
1982… C'est exact, saint François a huit cent ans.

Les savants historiens ignorent le jour et le mois de la naissance de saint François; même, les uns disent 1181, les autres écrivent 1182. Hommes et femmes, religieux et séculiers, les Franciscains actuels de l'univers ont choisi 1182… Tous se préparent à célébrer le 4 octobre 1981 le huitième centenaire de la naissance de saint François.

1182… Quarante-quatre ans plus tard, 4 octobre 1226, saint François est décédé en chantant sœur la mort corporelle. Des fêtes magnifiques ont célébré en 1926 dans l'Univers entier le septième centenaire de la mort de notre frère jubilaire. Vers 1868, selon frère Hugolin Lemay, franciscain, des colons canadiens-français ont bâti les chapelles de Saint-Antoine et de Saint-François. Celle-ci élevée à l'embouchure de la rivière déjà appelée Saint-Antoine par Champlain, fut probablement cause que le nom de la rivière fut changé en celui de saint-François.

Vers 1686… cinq cent quatre ans après la naissance de frère François. Les Canadiens-Français de cette époque, semble-t-il ne pouvaient pas célébrer le 5e centenaire. Plutôt nos aieux nous ont légué leur foi, leurs églises, leur terre et leur rivière. C'est plus durable que des fêtes et des feux d'artifice, même s'il est passé beaucoup d'eau sous les ponts depuis 1686. C'est curieux, François …, Albert…, Lucien…, Jeanne…, n'ont pas eu un an le jour de leur naissance. Cependant, les hommes et les femmes, tous annoncent leur 24 ans à la fin de leur 23ième. C'est pareil pour François le jubilaire. Le 4 octobre prochain, il aura huit cent ans.

Le 4 octobre 1982, selon le vieux mot, saint François aura huit cents ans " faits". D'ici là, Canadien.., Italien.., Chinois.., Polonais.., Anglais, Espagnols… Français, Japonais.., Africains.., Allemand…, etc, partout ou ils vivent, les Franciscains veulent célébrer le huitième centenaire de la naissance de leur Père et Guide spirituel, sera année de grâce, de paix et je joie, de ferveur renouvelée. Au Québec, les fêtes jubilaires, commenceront dans la cathédrale de Nicolet le 4 octobre 1981. "La Tribune" aussi veut entrer dans la danse du centenaire. Chaque samedi, " La Tribune" présentera un article sur la vie de saint François, ses écrits et son influence bienfaisante sur les hommes, ses frères. Dès maintenant tus les Franciscains du diocèse de Sherbrooke remercient cordialement la généreuse équipe de " LaTribune".

Et saint François chantait: " Nous sommes les jongleurs de Dieu et la seule récompense que nous désirons c'est de vous voir mener une vie vraiment pénitente." Et il ajouta: "Que sont en effet les Serviteurs de Dieu sinon des jongleurs qui cherchent à émouvoir le cœur des hommes et à les faire parvenir à la vie spirituelles?" Jongleurs de Dieu, c'est déjà un portrait de saint François hebdomadaires. Que tous s'en souviennent," jongleur séraphique "désigne saint François; "jongleurs de Dieu" indique tous les Franciscains du monde, religieux et séculier.

À la louange du Roi! Les jongleurs de Dieu. Par fr. Damien Côté, o.f.m.


2e Portrait 1182…

François était le premier-né de Messire Pierre Bernadone, riche marchand de tissus, et de dame Pica, une française. À qui ressemblait l'enfant…, à son père?…, à sa mère… Elle l'a appelé Jean. Revenue d'un voyage d'affaires, Pierre a dit :"Mon fils, c'est le Portrait de sa mère!…; il l'appelât François. Le coup d'œil paternel s'est avéré juste. Vingt-quatre ans plus tard, dame Pica a compris son François et elle a ouvert son cachot.

Alors, les photographies n'existaient pas. Selon leur fantaisie ou aspect particulier de la vie de saint François qu'ils voulaient illustrer, peintres sculpteur ont multiplié les images e les portraits; un franciscain a déjà compté trois cent dix-neuf artistes des plus célèbres. Les portraits écrits par des témoins oculaires sont préférables.

Frère Thomas de Célano, franciscain instruit, a vécu avec frère François. Selon frère Thomas, sait François était un homme de la plus haute éloquence, un visage ouvert, à l'air bienveillant, exempt de mollesse et de morgue. Sa taille était moyenne, plutôt courte, sa tête petite et ronde, sa figure assez allongée et étroite, ses tempes plates, sa parole miséricordieuse, brûlante et pénétrante, sa voix prenante et douce, claire et sombre, ses dents serrées, égales et blanches, ses lèvres petites et minces, sa barbe noire et clairsemée, son cou grêle, ses épaules droites, ses bras courts, ses mains fines avec des doigts longs et des ongles saillants, ses jambes maigres, ces pieds petits, sa peau douce. Il était décharné, grossièrement vêtu , dormait peu, avait la main toujours ouverte.(1e.Cel,ch.29)p.261 De plus , frère Thomas a écrit: "Parfois, nous l'avons vu de nos yeux, il ramassait à terre un moreau de bois, le plaçait sur son bras gauche puis, prenant dans sa main droite une baguette qu'un fil maintenant courbée, il la promenait sur le bois comme sur une viole. Par ces gestes, il semblait s'accompagner lui-même, pendant qu'il chantait, en français, les louanges de Dieu. Cette exaltation, finissait souvent dans les larmes et cette joie se terminait dans la contemplation de la passion du Christ. Alors le saint poussait de continuels soupirs, ses gémissements redoublaient et, oubliant les objets qu'il avait en mais, tout son être tendait vers le ciel." ( 2 cel. Ch.90)p.432

Un jour que saint François revenait du bois ou il avait prié…, frère Masséo voulut éprouver son humilité…et lui dit comme en se moquant : " Pourquoi à toi? Pourquoi à toi? Pourquoi tout le monde court -il après toi ? et pourquoi chacun semble -t-il désirer te voir, et t'entendre et t'obéir? De corps tu n'est pas bel homme, tu n'as pas grande science, tu n'est pas noble; d'ou vient-il donc que tout le monde court après toi ? Entendant cela, saint François tout réjoui en esprit, leva son visage vers le ciel et resta longtemps l'âme élevée vers Dieu; et dans une grande ferveur d'esprit il se tourna ensuite vers frère Masséo et dit: "…Cela je le tiens de ces yeux de Dieu très -haut, qui en tous lieux contemplent les bons et les méchants: car ces yeux très saints n'ont vu parmi les pécheurs personnes qui fut plus vil, plus insuffisant, plus grand pécheur que moi; et comme, pour faire l'œuvre merveilleuse qu'il entendait faire, il n'a pas trouvé sur la terre de plus vil créature, il m'a, pour cette raison, choisi pour confondre la noblesse et la grandeur et la force et la beauté et la science du monde… "( Fioreti. Ch.10) p. 1084

Voilà le Portrait authentique de saint François. À la louange du Roi!


3e Portrait 1182-11226…

En ce temps-là …, au temps de saint François, ce n'était pas rose !… Notre-Seigneur a dit un jour: " Va, François, réparer ma maison qui, tu le vois, tomber en ruine…"
En ce temps-là…, plusieurs prêtres mariés élevaient une famille. Le pape et les conciles nationaux luttaient de toutes leurs forces pour le célibat ecclésiastique, Frère François a écrit dans son Testament spirituel: "Si j'avais autant de sagesse que Salomon et que je trouvais de pauvres petits prêtres de ce monde, dans les paroisses ou ils demeurent je ne veux pas prêcher sans leur consentement…"

En ce temps-là…, plusieurs catholiques ne communiaient pas même une fois l'an. Le 4e concile de Latran (1215) a imposé à tous les fidèles le commandement des Pâques que nous connaissons. Dans son Testament, saint François a écrit: "Je ne vois rien corporellement, en ce monde, du très saint Fils de Dieu, si ce n'est son Corps et son Sang très saints…Or ces très saints mystères je veux que par-dessus tout qu'Ils soient honorés, vénérés et placés dans des endroits précieux." (Doc. . tes. P. 94)

En ce temps-là…, Vaudois, Albigeois, et autres hérétiques circulaient; ils dénigraient à qui mieux le pape, les évêques, les prêtres, les moines, et ils enseignaient l'amour libre aux dépens du mariage légitime. Aussi quand frère François et ses compagnons sont allés consulter le pape, il s'est d'abord méfié d'eux. Une vision a encouragé Innocent III et il a reçu : frère François de bon cœur.

En ce temps-là…, les nobles et leurs serfs se battaient les uns contre les autres. Pour eux, se venger, ruiner les terres du château voisin, c'était vivre, François s'est procuré des armures; c'est sans doute une de ses péchés qu'il a regrettés toute sa vie. Poète et musicien, jongleur honnête et courtois, meneur d'hommes, François voulait être chevalier et grand. Jusqu'à vingt-quatre ans (1206), il n'était ni frère , ni saint, il vivait pour lui.

En ce temps-là…, l'empereur s'opposait au pape et toute l'Europe était troublée. À Assise, les bourgeois se querellaient avec les nobles ; depuis longtemps le podestat (maire) ne s'accordait pas avec l'évêque. C'était pareil à Arezzo et ailleurs, Frère François prêchait la paix par-ci par-là.

En ce temps-là…, Les croisés voulaient écrabouiller les Musulmans et délivrer la Terre Sainte de leur joug…Frère François désarmé a rencontré le chef Musulman qui lui a permis de circuler en Terre Sainte avec ses frères pour y faire du bien à tous.

En ce temps-là…, frère François a converti des bandits, des savants, des hommes et des femmes, le loup de Gubbio; il a organisé 5,000 Franciscains(o.f.m.), des Clarisses avec sainte Claire, le troisième ordre séculier appelé aujourd'hui les Franciscains séculiers (o.f.s.), Frère François a obtenue l'indulgence de la Portioncule et a été stigmatisé sur l'Alverne deux ans avant sa mort.

En ce temps-là…, l'imprimerie n'existait pas. Frère François malade a écrit sa " Lettre à tous les fidèles " et l'a fait copier pour la diffuser. En ce temps-là…, est devenu le plus pacifique…, plus rose.


4e Portrait 1182

Saint François a écrit "La Lettre à tous les fidèles" en 1223. Auparavant, le Jongleur Séraphique a chanté ses plus belles expériences." Là ou il y a charité et sagesse il n'y a ni crainte, ni ignorance." (adm. 27) p.52

Frère Thomas de Célano nous rapporte les faits suivants. Un jour que vêtu d'habits vils et misérables, François traversait une forêt, chantant en français les louanges de Dieu, des brigands se précipitèrent sur lui en lui demandant d'une voix terrible qui il était. "Je suis le héraut du grand Roi, répondit-il, d'une voix assurée. Que me voulez-vous? Mais eux le frappèrent et le précipitèrent dans un fossé remplie de neige en disant : "Restes-y, pauvre héraut de Dieu" A force de se tourner et de se retourner, il parvint à se dégager. Quand les brigands se furent éloignées, il sortit du fossé et, débordant d'allégresse, il se mit à faire retentir les bois des louanges du souverain Créateur. (1 Cel. Ch 7) p.202

Un autre jour que l'homme de Dieu s'en allait par la ville d'Assise, mendiant de l'huile pour entretenir le luminaire de l'église de Saint-Damien qu'il réparait alors, il vit un groupe d'hommes qui s'amusaient devant la maison ou il avant l'intention d'entrer. Le rouge au front, il recula. Mais ayant élevé vers le Ciel son âme généreuse, il condamna sa lâcheté et se jugea très sévèrement. Il revient vers la maison, et à haute voix, fait connaître à tous la cause de sa fausse honte. Puis, l'esprit comme enivré il demande, en français, de l'huile et en obtient. ( 2 Cel. Ch.8) p. 332

Un autre jour, se trouvant seul avec le saint un frère lui dit:" Bon père, prie pour moi, car si daignes le faire je crois que je serais, sur-le-champs, délivré de mes tentations. Je suis affligé au-dessus de mes forces, et je sais que cela ne t'échappe pas." Saint François répondit: " Crois bien, mon fils, que je te considère à cause de cela comme un meilleur serviteur de Dieu, et que, plus tu es tenté plus tu m'es cher". Et il ajouta: " Je te le dis en vérité, personne ne doit se croire serviteur de Dieu s'il n'est passé par les tentations et les tribulations, une tentation vaincue est en quelque sorte l'anneau de mariage par lequel le Seigneur s'unit à l'âme de son serviteur. Plusieurs se flattent d'avoir, durant des années, acquis des mérites, et se réjouissent de n'avoir à surmonter aucune tentation. Mais comme avant le combat, la terreur aurait suffi à les vaincre, qu'ils sachent bien que le Seigneur a pris en considération la faiblesse de leur esprit. Il n'y a guère que ceux dont le courage est éprouvé qui ont à soutenir de rudes combats." ( 2 cel. C. 83) p42


5e Portrait 1182…

Saint François chante encore ses belles expériences pour encourager ses disciples." ou il y a patience et humilité, il n'y a ni colère ni trouble."(Adm. 27) p.52

Son frère selon la chair (Angelo) le poursuivait, à l'exemple de son père, de ses paroles empoisonnées. Un matin d'hiver qu'il voyait François, vêtu de haillons et plongé dans la prière, trembler de froid, ce pervers dit à un de ces concitoyens: " Demande donc à François de te vendre pour un sou de sueur." L'homme de Dieu fut rempli de joie en l'entendant, et il lui répondit avec un sourire: " Certes, je la vendrai très cher à mon Seigneur." Rien de plus vrai, car, même en ce monde, il reçut non pas cent, mais mille pour un, et dans l'autre, il obtint non seulement pour lui, mais pour beaucoup d'autres, la vie éternelle. (leg. ch 4) p. 812

Un jour que le Saint prêchait aux gens de Terni, l'évêque de la cité, le sermon fini, le loua devant tous en ces termes: "En ces derniers temps, Dieu a illustré son Église par cet homme pauvre, d'aspect misérable, simple et sans lettres. Aussi sommes-nous tenus de louer Dieu sans cesse, car il n'en pas fait autant pour toutes les nations". Ayant entendu ces paroles, le Saint se réjouit extra-ordinairement que l'évêque eut déclaré en termes si nets qu'il était méprisable. Et quand ils entrèrent dans l'église, il se jeta à ses pieds en s'écriant:" En vérité, seigneur évêque, vous m'avez fait grand honneur, en me laissant intact ce qui m'appartient en propre, et que les autres veulent ravir. Vous avez séparé, dis-je, en homme judicieux, ce qui est précieux de ce qui est vil, rapportant à Dieu la gloire et me laissant le mépris. (2cel. ch.103) p. 443

Un jour que, trop faible et malade pour aller à pieds, François voyageait monté sur un âne, il traversa le champ d'un paysan qui justement travaillait là. L'homme aussitôt courut à lui et lui demanda s'il était bien le frère François. Et quand l'homme de Dieu lui eût répondu avec humilité, que c'était lui en effet: "Prends bien garde, dit le paysan, d'être aussi bon que tu en as la réputation, car beaucoup de gens mettent leur confiance en toi. Aussi je t'avertis qu'il ne faut jamais rien faire qui puisse tromper notre espérance." À ces mots François, l'homme de Dieu, descendit de son âne, se prosterne devant le paysan, lui baisa humblement les pieds et le remercia d'avoir bien voulu l'exhorter ainsi. ( 2 Cel. Ch. 103) p. 443

Une nuit qu'il était plus accablé que de coutume par ses maladies et diverses incommodité, François se prit, en son cœur, à avoir compassion de lui-même. Mais pour que son esprit plein de zèle ne fit pas alliance, même pour une heure, avec la chair, il tint ferme, en invoquant le Christ, le bouclier de la patience. Et tandis qu' il priait en livrant ce combat, il reçut du Seigneur la promesse du salut éternel:" Réjouis-toi donc, car la maladie est la gage de on royaume et la patience te vaut de pouvoir attendre, en toute sécurité et certitude,l'héritage de ce royaume". ( 2 Cel. Ch. 161) p.502À la louange du Roi!


6e Portrait 1182

Frère François l'a expérimenté plusieurs fois:
" Où il y a pauvreté avec joie. Il n'y a ni cupidité ni avarice." (adm. 27/3) p53

Voyant qu'un certain nombre d'entre les frères ne répondaient pas comme il le fallait à leur vocation, frère François leur dit un jour: " Mes très chers frères, alors que le Fils de Dieu était plus noble que nous, il s'est fait pour nous pauvre dans ce monde. Par amour pour lui, nous avons choisi la voie de la Pauvreté; nous ne devons pas avoir honte d'aller demander l'aumône. Il ne convient pas que les héritiers du royaume rougissent du gage de l'héritage céleste. Je vous dis que beaucoup d'hommes nobles et savants viendront se joindre à nous, et regarderont comme un honneur d'aller mendier. Vous donc qui êtes les prémices de la récolte, soyez pleins de joie et d'allégresse, et ne refusez pas de faire les actions qui doivent être données en exemple aux saints qui suivront." (2 cel. ch.44) p. 387

Un autre fois à la Portioncule, un frère revenait d'Assise avec des aumônes, quand, arrivé près du couvent, il se mit à entonner un cantique et à louer Dieu à pleine voix. En l'entendant le Saint tressaillit, et se précipita dehors et lui baisant l'épaule, il mit le sac sur son dos. " Béni soit, dit-il, mon frère qui va sans se faire prier, mendier avec humilité, et revient dan l'allégresse." (2 Cel. Ch.46)

Un jour aux celle de Cortone, frère François portait un manteau neuf que les frères s'étaient donné beaucoup de mal pour trouver. Un pauvre vint au couvent pleurant sur sa femme morte et sa malheureuse petite famille. Le Saint lui dit : " Pour l'amour de Dieu, je te donne ce manteau à condition que tu ne le cèdes que pour un bon prix". Les frères accoururent sur-le-champ pour reprendre le manteau et empêcher cette libéralité. Mais le pauvre encouragé par la présence du saint Père, crispait les mains sur le manteau et le défendait comme sa propriété. Les frères finirent par lui racheter le manteau, et le pauvre en ayant touché le prix, s'éloigna. (2cel. Ch. 55) p398

La mère de deux frères vint un jour trouver le Saint et lui demanda l'aumône avec confiance. Plein de compassions, frère François dit à son vicaire, Pierre de Catane; " Pouvons-nous faire une aumône à notre mère? (Car il disait que la mère d'un frère était sa mère et celle de tous les frères). Le frère Pierre lui répondit: "Il ne reste rien à la maison qu'on puisse lui donner. Mais, ajoutait-il, nous possédons un Nouveau Testament, dans lequel faute de bréviaire nous lisons à Matines". Et le bienheureux répartit: "Donne à notre mère le Nouveau Testament afin qu'elle le prenne pour soulager sa misère, car il nous enseigne à secourir les pauvres. Je crois qu'à le donner nous aurons plus de mérite qu'à le lire". On donna le livre à cette femme, et c'est ainsi que le premier Évangile que posséda l'Ordre, fut employé à cette sainte charité. ( 2 Cel. ch.58) p.400 À la louange du Roi!

 

7e Portrait 1182…

Si saint François revenait, il chanterait encore même si les hommes vivent en vitesse:
" Ou il y a calme et méditation,
il n'y a ni souci ni dissipation."(adm. 22 ) p.50

Frère François vêtu d'une vieille petite tunique, dit un jour à l'un de ses compagnons qu'il avait choisi pour être son gardien:" Je voudrais, mon frère, si c'est possible, que tu me trouves de l'étoffe pour une tunique". Ce qu'étendant, le frère cherchait dans son esprit commet il pourrait trouver l'étoffe si nécessaire et demande avec tant d'humilité.

Le lendemain, au petit jour, il se dirigeait vers la porte pour aller en ville quérir cette étoffe, quand un homme, qui se tenait sur le seuil et qui l'attendait pour lui parler, l'arrêta: "Pour l'amour de Dieu, dit-il, accepte de moi de l'étoffe pour six tuniques; tu en garderas une pour toi et tu distribueras les autres à ta guise, pour le salut de mon âme."Tout épanoui, le frère revient vers François et lui fait part de ce don envoyé du ciel. Et le père lui dit: "Prends ses tuniques, car cet homme a été envoyé précisément pour subvenir ainsi à ma nécessité. Rendons grâces à Celui qui seul semble prendre soin de nous."
(2 Cel. Ch. 14) p 360

Frère François et ses compagnons revenaient de Rome et passaient par la vallée de Spolète. En chemin, ils s'entretenaient des bienfaits si précieux reçus de Dieu très haut, et de la réception si gracieuse que leur avait faite le vicaire du Christ, seigneur et père de l'universelle chrétienté. Comment pourraient-ils suivre ses avis et exécuter ses ordres? Quelles étaient les mesures à prendre pour assurer l'observance stricte de la Règle qu'ils avaient reçu, et pour la conserver dans son intégrité? Comment marcher devant le Très-Haut en toute sainteté et dévotion?… Et tandis que dans cette école d'humilité les nouveaux disciples du Christ discutaient ainsi, le soleil tournait et les heures s'écoulaient.
Ils étaient arrivés dans un lieu désert, harassés par la marche et mourant de faim; impossible de se procurer des aliments, car on était loin de toute habitation. Tout à coup, voici que par l'intervention divine, un homme se présente portant un pain. Il le leur donne et s'en va. Comme ils ne le connaissaient point, ils s'étonnèrent en leur cœur et s'exhortèrent dévotement à se confier avec plus d'abandon à la miséricorde divine. (1 Cel. Ch 14) p. 220

Un jour frère François exprima le désir de se retirer dans un ermitage pour s'adonner plus librement à la contemplation. Mais comme il était très faible il emprunta à un pauvre homme un âne pour faire la route. C'était en été. Le paysan qui gravissait la montagne à la suite de l'home de Dieu. Harassé par cette route difficile et très longue, mourait de soif et de fatigue avant d'arriver au terme du voyage, en hâte il appelle donc le saint, le prie d'avoir pitié de lui, et déclare qu'il va mourir s'il n'est pas réconforté par quelque boisson bienfaisante. Le saint lève les mains vers le ciel et dit au paysan: " va, tu trouveras ici l'eau que le Christ vient de faire sortir de ce rocher pour apaiser ta soif" ( 2 Cel. Ch.17) p.231
À la louange du Roi!


8e Portrait 1182-

Frère François chante encore pour notre temps ses belles expériences:
" Ou il y a crainte du Seigneur pour garder la maison: l'ennemi ne peut se faire une brèche pour entrer."(adm. 25 v5) p. 53

Un jour frère François avec un compagnon gagna une église loin de toute habitation et, désirant prier dans la solitude, il dit au frère:" Je voudrais demeurer seul cette nuit. Va donc à l'hôtellerie et reviens demain au petit jour."Resté seul, il fit monter vers Dieu de longues et ferventes prières, puis enfin chercha un endroit ou il pourrait reposer sa tête pour dormir. Mais soudain son âme fût plongée dans le trouble; la crainte et la tristesse l'envahirent et il se mit à trembler de tous ses membres. Il sentait nettement que les assauts diaboliques étaient déchaînés contre lui, et il entendait des troupes de démons courir avec bruit sur le toit de la maison. Sur le champ il se leva, sortit et, traçant sur son front le signe de la croix, il s'écria: "De la part du Dieu Tout-Puissant je vous dis, démon, de faire subir à mon corps tout ce qui vous est permis, j'y consens volontiers car je n'ai pas de plus grand ennemi que mon corps; vous ne vengerez de mon adversaire en lui infligeant, à ma place, le châtiment". Et les démons qui s'étaient réunis pour jeter le désarroi dans son âme, trouvant son esprit très prompt dans une chair débile, disparurent sur le champ couverts de confusion. (2 cel. ch 86) p. 427

Il advint qu'un jour frère François se trouvait aux environs d'Arezzo au moment ou tous la cité en proie à la querre civile semblait proche de sa ruine. L'homme de Dieu ayant reçu l'hospitalité dans un faubourg hors des murailles vit des démons mener une sarabande au-dessus de la ville et exciter les citoyens à se massacrer les uns les autres. Appelant un frère mineur nommé Silvestre, homme de Dieu plein d'une belle simplicité, François lui dit : "Va devant la porte de la cité et, de la part du Dieu Tout-Puissant, ordonne aux démons d'en sortir au plus vite". Le frère, simple et pieux se hâte d'obéir; préoccupé avant tout de la gloire de Dieu il crie de toutes ses forces devant la porte:"De la part de Dieu et par ordre de notre père saint François élongez-vous d'ici, démons, tant que vous êtes."

Peut après la paix fut rétablie dans la ville, et le citoyens dans une entente parfaite observèrent le statuts de la cité. Lorsque peu après frère François vint prêcher chez eux il commença en ces termes : " Je vous parle comme à des gens qui jadis étaient subjugués et enchaînées par le diable, mais que les prières d'un pauvre ont délivrés, je le sais (2cel. ch .74) p. 425 À la louange du Roi!

9e Portrait 1182…

Il y très longtemps, le Jongleur Séraphique chantait et il chante encore :
" Ou il y a miséricorde et discrétion,il n'a ni relâchement, niendurcissement." ( adm. 27 v6) p 53

En cette nuit-là, un frère s'écria:" Je meurs de faim." Frère François en plein de charité et de discrétion, ne voulut pas que le frère rougit de manger seul. Il fit sur-le-champ préparer un repas auquel tout le monde prit part. Il faut dire que ce frère, et les autres comme lui, étaient nouvellement convertis et infligeaient à leur corps d'excessives pénitences. Après le repas, frère François dit aux autres frères:" Mes frères, je vous le dis, que chacun étudie son tempérament. Si l'un de vous peut se soutenir avec moins de nourriture qu'un autre, je ne veux pas que celui qui a besoin de plus d'aliments s'efforce d'imiter le premier. Que chacun se rendre compte de ses forces et donne à son corps ce qui lui est nécessaire. Si, dans le manger et le boire, nous sommes tenus de nous abstenir du superflu qui nuit au corps et à l'âme, nous devons nous interdire plus encore une mortification excessive, car Dieu veut la miséricorde et non le sacrifice."..( Leg. ant. ch1) p 879

Un jour le saint, disait: " Il faut pourvoir avec mesure aux besoins de notre frère le corps, de crainte qu'Il ne soulève en nous la tempête de la mélancolie. Pour que, sans dégoût, il veuille et persévère dévotement dans la prière, il faut lui enlever toute occasion de murmurer. Il pourrait dire en effet : Je meurs de faim, je suis incapable de porter le fardeau de tes pratiques! Mais s'il grogne ainsi après avoir un picotin suffisant, sachez alors qu'il faut faire sentir l'éperon à cette bête paresseuse et que cet âne nonchalant à besoin de l'aiguillon". (2cel. Ch.92) p. 434

Frère Thomas de Celano ajoute: "Sur le seul point de conduite du saint Père fut en contradiction avec ses paroles, Car bien que son corps fut innocent, il le réduisait en servitude par des flagellations et des privations, l'accablant de coups sans raison, l'ardeur de son esprit avait si bien compté son corps que, si son âme avait soif de son Dieu, da chair très sainte en était, elle aussi altérée au plus haut point. (2 cel. Ch, 92) p. 434

Quelques jours avant son décès, frère François a dit au frère qui lui avait donné un bon conseil: " Béni sois-tu, mon fils, toi qui as su apporter à mes scrupules de si salutaires remèdes". Puis, s'adressant plein de joie à son corps: " Réjouis-toi, mon frère le corps, et pardonne-moi; je suis prêt maintenant à satisfaire tes désirs et je vais m'empresser de subvenir à toutes tes nécessités!" Mais quelle chose désormais pouvait plaire à ce corps exténué? François était déjà mort au monde, mais le Christ vivait en lui.(2cel. ch 160) p. 500


10e Portrait 1182…

En 1952, fr. Ignace Benoît, franciscain, a démontré que frère François était " le chevalier courtois de Notre-Dame" , elle était " la dame de ses pensées, et en son honneur, il composa des laudes, porta ses couleurs sa vie durant et lui rendit, lui et les siens, un vasselage amoureux"(1)

Déjà, en 1245, frère Thomas de Celano avait écrit:" Frère François entourait d'un indicible amour la mère de Jésus, car c'est elle qui nous a donné pour frère le Dieu de Majesté. Il faisait monter vers elle des chants de louanges, lui offrait les élans de son cœur tant et si bien qu'aucune langue humaine ne le pourrait exprimer. Mais ce qui nous doit surtout mettre en liesse, c'est qu'il la choisir comme protectrice de son Ordre et mit sous ses ailes pour qu'elle les réchauffât et les défendit jusqu'à la fin, les fils qu'il devait abandonner. (2cel. ch. 150) p. 490

Louons la très sainte Vierge Marie comme saint François et avec lui:"Salut, Dame sainte, reine très sainte, mère de Dieu, ô Marie, qui êtes vierge perpétuellement, élu par le très saint Père du ciel, consacrée par lui avec son très saint fils bien-aimé et l'Esprit Paraclet; vous en qui fut et demeure toute plénitude de grâce et tout bien! Salut palais, salut, tabernacle; salut, maison; salut, vêtement; salut, servante ; salut, mère de Dieu! Et salut à vous tues , saintes Vertus qui par la grâce et l'illumination du Saint-Esprit , êtes versées dans les cœurs des fidèles et d'infidèles que nous sommes, nous rendez fidèles à Dieu"! ( S." Frs. opusc. p.165)

Louons encore:
" Sainte Vierge Marie, vous n'avez pas votre semblable parmi les femmes qui sont nées en ce monde; fille et servante du Roi Très- Haut, le Père céleste ; mère de notre très saint Seigneur Jésus-Christ, épouse du Saint-Esprit. Priez pour nous, avec l'archange saint Michel, avec toutes les Vertus des cieux et avec tous les saints, auprès de votre très saint et bien-aimés Fils, notre Seigneur et notre Maître". Il lui était impossible de ne pas fondre en larme sen pensant à la pauvre petite Vierge, qui se trouva, ce jour-là, dans un si complet dénuement. Un jour, à table, un frère rappela la pauvreté de la bienheureuse Vierge et la détresse du Christ son enfant. Sur le champ il se leva secoué de sanglots douloureux, baigné de larmes, et s'assit sur la terre nue pour manger le reste de son pain. Aussi, disait-il, que cette vertu est royale qui brilla d'un si vif éclat dans le roi et dans la Reine.( 2cel. ch 151) p. 493(1) Benoît Lance, o.f.m. Le chevalier courtois, cf. Notre-Dame des Anges, éd. franciscaine, Montréal, p.71 À la louange du Roi.

11e Portrait 1182-1212…

Claire est venue!…Ce fut le soir des Rameaux, l'an 1212. Clara…, fille aînée du comte d'Offreducion, le grand seigneur d'Assise, est descendue à la Portioncule. Là, devant de Notre-Dame, à genoux devant Francesco, le petit bourgeois devenu mendiant, Claire a voué ses dix-huit ans et sa vie à Notre-Seigneur Jésus-Christ; frère François a coupé ses cheveux et lui a donné la tunique de Dame Pauvreté. Désormais, Claire était sœur Claire, la première Pauvre Dame, "petite plante de Patriarche séraphique!. Frère François et sœur Claire ont vécu des belles expériences, oh!… très virginales. (Testament de s. Claire v.11)

Sainte Claire a écrit dans son testament Spirituel: "Le Fils de Dieu s'est fait lui-même notre voie, celle que notre bienheureux Père François a montrée et nous a enseignée par la parole et par l'exemple……
Après que le Très-Haut Père Céleste eut daigné par sa miséricorde et sa grâce illuminer mon cœur et m'inspirer de faire pénitence, à l'exemple et suivant la doctrine de notre bienheureux Père François, qui depuis peu s'était converti, de concert avec les quelques sœurs que Dieu m'avait données presque aussitôt après ma conversion, je fie volontairement le vœu d'obéissance entre ses mains, selon la lumière et la grâce que le Seigneur nous avait accordées par la vie sainte et la doctrine de son serviteur. " (S.Claire T.sp. v.2-8)

Le bienheureux François vit bien que nous étions faibles et fragiles de corps, et que pourtant ni la privation ni la pauvreté, ni le travail, la tribulation et l'ignominie, ni le mépris du siècle, enfin que bien de tout cela ne nous faisait reculer, mais qu'au contraire toutes ces choses nous semblaient d'ineffables délices, à l'exemple de ses Frères et des saints; ce que lui-même et ses frères ont remarqué souvent, il s'en réjouissait beaucoup dans le Seigneur. C'est pourquoi, poussé par un mouvement d'affection paternelle envers nous, il s'engagea et promit que lui-même et par son Ordre il aurait de nous, aussi bien que de ses frères un soin attentif et une sollicitude toute spéciale". ( id.v8)

Un homme qui s'appelait Étienne était couvert de lèpre à tel point que, des pieds au sommet de la tête, son corps n'était qu'une plaie. Il alla vers saint François pour être guéri, celui-ci l'envoya à sœur Claire d'un signe de croix, le malade fut complètement nettoyé et guéri de tous maux. (Celano, vie de St Claire ch.26)C'était à Saint-Damien …. Après une nuit épouvantable ou il avait prié pur ne pas perdre patience une minutes, frère François fut assuré de son salut éternel. Tout vibrant d'allégresse, en dépit de ses souffrances, le Jongleur Séraphique a composé son Cantique du Soleil, il voulut que sœur Claire fut présente.( Marie de St Vanien -Sainte Claire d'Assise, La colombe, Paris 1953 p. 113) À la louange du Roi


12e Portrait 1182

Dieu avait doué François d'Assise d'une riche nature. Son intelligence était intuitive. Il n'avait pas étudié et il ne possédait pas beaucoup de science acquise. C'est par intuition, qu'il comprit le côté noble des chansons de geste et en fit le point de départ de son progrès moral. C'est par son intuition, qu'il estima que la pauvreté volontaire était le vrai remède aux maux dont souffrait la société. C'est par son intuition, qu'il groupa les populations de ce temps en une vaste association par le Tiers-Ordre qui devait soustraire ces gens aux injustices de la féodalité.

C'est aussi par son intuition, que François répond à la question que lui posait, un jour, un frère Prêcheur:" Dites-moi, mon frère, comment vous interpréter cette parole d'Ezéchiel :"Si vous n'annoncez pas la l'impie son impiété, je vous demanderai compte de son âme. Pour moi, je connais nombre de pécheurs auxquels je ne parle jamais de leur état, serais-je responsable de leur perte?" François commença par dire qu'il avait bien plus besoin d'être instruit que d'instruire les autres. Comme le frère Prêcheur insistait, François lui donne une excellente réponse:" Supposer que la parole doive être prise dans un sens universel, voici comment je l'entendrais : Telle doit être la vie du serviteur de Dieu, telle la lumière de ses paroles et de ses exemples, qu'il y ait là comme une voix que reprenne tous les méchants. Le renom des actions, l'odeur de la sainteté suffisent pour qu'il accomplisse ce que demande le prophète".

Le frère Prêcheur fut émerveillé. En quittant les compagnons de saint François, il leur dit : " La théologie de votre fondateur a le vol de l'aigle; la nôtre se traîne le ventre à terre"
L'intelligence de François était aussi poétique. Elle est portées, comme par des ailes, jusqu'à l'auteur de toutes choses qui est Dieu. Sur la fin de sa vie, il composa le "Chant des Créatures" que les modernes ont appelé "Le Chant du Soleil". C'est un éloge de la création, un chant d'action de grâces à celui qui nous l'a donnée, un hymne d'adoration offert avec elle et pour elle.( Bettez, Nobert , o.f.m. ; L'influence sociale de saint François et du Tiers - Ordre Franciscaine, Montréal, 1960, p. 144)

Frère François n'a pas utilisé le mont "intuition"; il a écrit plutôt "…le Seigneur m'a conduit…" (1);"…selon l'inspiration du Seigneur…"(2) "…le Seigneur me donne…(3)"; C'est vrai, né poète et conducteur d'hommes, il voulait être armé chevalier et délivrer les Lieux Saints du joug musulman. Dans sa convalescence, à Spolète et au soin des lépreux , François a sacrifié volontiers ses trois talents et, selon la promesses évangélique, il les a retrouvés au centuple…avec ses admirables intuitions.(10..T.Spir.v.2..(2) Ii r.ch.12v1..(3) T.Spir.v1 v, 14.
À la louange du Roi!


13e Portrait 1182-

François fut initié, dès a jeunesse, aux crises orales et politiques dans lesquelles l'Italie se débattait à cette époque. Des noms exécrés frappèrent ses oreilles, des visions odieuses épouvantèrent ses regards. C'était l'évocation tragique de la décadence féodale, vue dans son ensemble; le discorde au sein de la cité, la rébellion contre la puissance ecclésiastique.

L'âme foncièrement pieuse de François ressentait douloureusement l'humiliation imposée par la défaite, ou par l'orgueil des notabilités communales, au suzerain légitime : le Pape. Le sceptre de l'empereur faisant oublier la tiare du Pasteur suprême. François pouvait se demander, avec effroi, par quel prodigieux renversement, la puissance spirituelle, elle-même, était frappé de discrédit. La crise ecclésiastique se révélait à lui plus insoluble que les autres. De plus, l'amour de la justice, la pitié pour les pauvres, innées en lui, s'affirmant par la grâce, comment lui, si soucieux d'éviter tout ce qui était injurieux aux autres, n'eut -il pas senti ce qu'avait d'injuste pour les classes inférieures, et d'inquiétant pour la paix publique, un régime fondé sur le privilège et sur la hiérarchie des rigueurs. C'est ainsi que le sens social se formait en lui.

Le sen social pour François d'Assise, ce sera cette délicatesse de conscience, qui craint toujours ou de blesser la notion de justices ou de l'appliquer avec trop de rigueur, cette disposition de l'esprit et du cœur qui oriente l'activité personnelle vers le service du bien commun. Ce sera la prédilection pour les pauvres qui sont les membres souffrants du Corps mystiques du Christ.

Le rôle prépondérant de la vie intérieur, dans la formation sociale de François d'Assise, nous explique son succès au milieu du fiasco général des entreprises similaires. Ils étaient légion, au début du XIII siècle, les réformateurs qu'inspirait un désir sincère de remédier aux maux du temps. Mais, idéologues, sans consistance, doctrinaires intempérants, souvent entachés d'hérésie, législateurs ecclésiastiques, gênés dans leur action par les compromissions féodales, ou pouvoir civils, dont le glaive s'émoussait au secret des consciences, tous inspiraient aux intérêts en conflit de légitimes défiances.

La flamme de charité et la pauvreté libératrice, abattirent les œillères d'égoïsmes, qui risquaient de troubler le regard de François; elles le dégagèrent des préjugés de fortune, d'éducation et de classe, qui eussent paralyser ou alourdi son initiative et elles le dressèrent au-dessus des belligérants, comme un arbitre impartial, dont le désintéressement imposait la confiance.(fr. Nobert Bettez, o.f. ) p. 154-155 À la louange du Roi!


14e Portrait 1182

Frère Nobert Bettez, franciscain, compare saint François au bon Samaritain (p.156-158)
" La charité coule à flots du cœur embrasé de François d'Assise et se répand sur les opprimés. Comme eux, il se fait pauvre et méprisé, sacrifiant les biens, ses rêves, ses espérances. Puis, à l'huile de la charité, il mêle le vin de la justice, dénonçant l'argent comme source du mal, et opposant à l'individualisme égoïste de la hiérarchie de ses ordres".

Cependant, ce serait une erreur de ne voir en François d'Assise que l'apôtre de la cause du peuple, que le libérateur et le justicier. C'est un amour plus noble qui lui fait fouler aux pieds les joies de la famille, les biens de la fortune et les rêves de gloire de ses vingt ans, S'il se donne au peuple, c'est pour le conduite à Dieu.

Pour atteindre ce but, il ne se contente pas de prêcher l'Évangile, il l'introduit dans sa vie, il en fait sa règle de vie et celle de ses disciples. Une à une, il restaure toutes les idées qui sont à la base de la civilisation. Première, il relève le prestige du prêtre, contre qui toutes les sectes révolutionnaires, à toutes les époques, se sont toujours déchaînées. Il venge ensuite le mariage et la parenté, des injures que déversaient sur ces institutions divines, les anarchistes de ce temps-là.

François démontre la sainteté du mariage chrétien en donnant aux époux une règle de vie, la Règle des fraternités du Tiers-Ordre ( o.f.s. = Ordre Franciscain Séculier) qui les achemine vers les plus hauts sommets de la piété et fait pénétrer la perfection évangélique jusqu'au domestique.
L'union des classes, c'est la paix que le Christ est venu rétablir dans le monde. Aussi, elle était un des thèmes favoris du Saint d'Assise. Certains articles de la règle du Tiers-Ordre dénotent la volonté pacificatrice de François. Cette règle du Tiers-Ordre, enlevait aux seigneurs, le moyen de déclarer des guerres injustes, en interdisant aux Tertiaires de prêter le serment de fidélité aux seigneurs et de porter les armes. François veut offrir aux hommes la vision exacte, l'intelligence complète de ce qu'est l'ordre chrétien, sous l'application loyale de l'Évangile.

Mais l'application de l'Évangile ne se décrète pas. Elle entre peu à peu dans les lois, en passant par les mœurs; par la persuasion et par l'effortindividuel.
Comme son divin Maître, François béatifiera la pauvreté; comme Lui, il sera charitable; comme Lui, il sera l'apôtre de la paix et de la réconciliation. Le saint d'Assise commence son travail de réformateur, par l'excellence prédication de l'exemple À la louange du Roi!


15e Portrait 1182


Le 16 avril 1809, François et Bernard suivis du juriste Pierre de Catane, se rendent à l'Église Saint-Nicolas et demandent à un prêtre d'ouvrir, par trois fois, le livre de l'Évangile.

La première fois, le prêtre lit ces paroles: " Si tu être parfait, va, vends ce que tu as, donnez-en le prix aux pauvres et tu aras un trésor dans le ciel." La deuxième fois, le prêtre lit ces paroles : "Ne prenez rien pour le voyage, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent et n'ayez point deux tuniques." La troisième fois, le prêtre trouve et lit le texte suivant : " Si quelqu'un veut être mon disciple, qu' il renonce à soi-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. "François tout rayonnant de joie, rend grâce à Dieu de lui avoir montré le chemin de la pauvreté, puis il s'écrie: "Mes Frères, voilà quelle sera notre vie et notre règle".

Pour François d'Assise, la pauvreté était une reine déchue et victime d'injustes dédains. Un vieil auteur franciscain a mis dans la bouche du Jongleur cette ardente prière: "Seigneur, ayez pitié de moi et madame la Pauvreté… Elle se plaint de ce que ses amis l'ont dédaignée et se sont rendus ses ennemis… Souvenez-vous, Seigneur, que vous êtes venue du séjour des Anges, afin de la prendre pour épouse et d'en avoir un grand nombre d'enfants qui fussent parfaits. C'est elle qui vous a reçu dans l'étable et dans la crèche, et qui vous a accompagner tout le long de la vie. Quand vos commençantes la guerre de notre Rédemption, la Pauvreté vint s'attacher; a vous comme un écuyer fidèle; elle se mit à vos côtés pendant le combats, elle ne se retira point quand les autres prenaient la fuite. Enfin, tandis que votre Mère, qui du moins vous suivit jusqu'au bout, et prit sa part de toutes vos douleurs, tandis qu'en telle mère, à cause de la hauteur de la croix, ne pouvait atteindre jusqu'à vous, en ce moment, madame Pauvreté vous embrassa de plus près que jamais.

Elle ne voulut point que votre croix fût taillée avec soin, nie que les clous fussent en nombre suffisant, aiguisés et polis, mais elle n'en prépara que trois elle les fit durs et grossiers pour mieux servir les intentions de votre supplice. Et pendant que vous mouriez de soif, elle eut soin qu'on vous refusât un peu d'eau, en sorte que ce fut dans les embrassements de cette épouse que vous rendîtes l'âme. Qui donc n'aimerait pas madame la Pauvreté par-dessus toutes choses."

La portée sociale de la pauvreté de François d'Assise fut considérable. En fondant un Ordre nouveau de pauvres, il honorait la pauvreté, la vertu la plus méprisées. Il montait qu'on pouvait trouver la paix, la dignité et le bonheur en pratiquant cette vertu. Il calmait aussi les ressentiments des classes indigentes; il les réconciliait avec les riches qu'elles apprenaient à ne plus envier. Il apaisait cette vieille guerre de ceux qui ne possèdent pas contre ceux qui possèdent et raffermissait les liens déjà relâchés de la société chrétiennes, en sorte qu'il n'y eut pas de politique plus profonde que celle de François d'Assise. (fr.Nobert Bettez o.f.m. p. 158-159) À la louange du Roi

16e Portrait 1182-

Dégagé de toute chose terrestre par la pauvreté, François d'Assise a profondément aimé les hommes. Sachant que le précepte de l'amour du prochain est semblable au précepte de l'amour de Dieu, et, qu'au fond les deux n'en font qu'un, il ne serait pas regardé comme l'ami du Christ, s'il n'avait été l'ami des âmes.

Sa charité a été universelle, mais elle s'est surtout donnée aux plus déshérités, aux plus souffrants, aux plus misérables, Il a toujours eu une prédilection pour les lépreux, sa conversion est liée à l'amour qu'il leur témoigne. "Quand je vivais dans le péché, dit-il , dans son testament, il me semblait fort amer de voir des lépreux, mais le Seigneur me conduisit parmi eux et j'exerçai la miséricorde à leur égard, et, quand je me retirai de leur présence, ce qui m'avait paru amer, fut changé pour moi en douceur de l'âme et du corps; et après je tardai peu et je sortis du siècle." ( Testament) p.93 François demeurait parfois avec les lépreux, les servant en tout avec le pus grand zèle pour l'amour de Dieu, lavant leurs plais, épongeant le plus de leurs ulcères et ce que sa main de pouvait faire, son cœur le faisait.L'âme de François s'attendrissait à la vue des pauvres et quand il ne pouvait les secourir matériellement, il leur témoignait son amour. Tout ce qu'il voyait de pauvre dans un malheureux il le rapportait au Christ par une soudaine réflexion et une rapide transposition.

A l'égard des coupables, François stigmatisait les représailles intempestives qui meurtrissent au lieu de cicatriser. Il disait: "Que tous les Frères se gardent bien de se troubler à cause du péché ou du mauvais exemple d'autrui, mais qu'il vienne spirituellement en aide aux coupables, de leur mieux, car ce ne sont pas les biens portants qui ont besoin de médecin, mais les malades." (14-Bettz. p. 160)

Dans touts ses prédications, avant de proposer à l'assemblée la parole de Dieu, il commençait par implorer la paix en ces termes : "Que le Seigneur vous donne sa paix! Cette paix, frère François l'annonçait très dévotement aux hommes, aux femmes, à tous ceux qui se trouvaient sur sa route. Grâce à lui beaucoup d'ennemis de la concorde et de leur propre salut, embrassèrent la paix et, Dieu aidant, devinrent eux aussi fils de la Paix et ambitieux du salut éternel.
( 2cel. ch.10) p. 210

Ce jour-là, frère François prêchait aux gens de Greccio affligés par les loups et la grêle, Il leur dit: "Pour l'honneur et la gloire du Tout-Puissant, écoutez la vérité que je vous annonce. Si chacun de vous confesse ses péchés et fait de dignes fruits de pénitences, je vous donne ma parole que le fléau disparaîtra, que Dieu abaissera son regard sur vous et multipliera vos biens temporels. Mais, dit-il, entendez encore ceci: " Je vous préviens que dans le cas ou, ne reconnaissant pas ses bienfaits, vous retournez à votre vomissement, le fléau renaîtrait, la peine serait doublée et la colère de Dieu sévirait sur vous plus terrible" ( 2cel.ch7) p. 202 À la louange du Roi


17e Portrait 1182…

A l' égard des adversaires, saint François prêchait la sérénité des suprêmes pardons. " Celui-là vraiment son ennemi, disait-il, qui ne s'irrite pas de l'injure reçue de lui, mais qui s'afflige par amour pour Dieu du péchés commis par lui et qui prouve son affection par des actes. "

Sa charité s'est épanouie en une douceur pacifiante, dont l'efficacité sociale a étonné les historiens. Tout a contraire des sectes qui pullulaient, excitant les peuples à la rébellion et au pillage, François , ce pacificateur n'avait rien d' un démagogue , et devant l'idéal nouveau qu'il proclamait, " toutes ses sectes bizarres disparurent, comme des oiseaux de nuit mis en fuite par les premiers rayons du soleil", (P. Sabatier)

François sait que l' Église , appuyé sur la doctrine du Christ ,peut résoudre la grave question sociale, de son temps. Il cherche à ramener le peuple italien à Dieu par une réforme religieuse, individuelle, essentiellement respectueuse des personnes et conservatrice de l'ordre établie( N. Berlez p. 161)

À l' époque o;u frère François était bien malade-les Louanges étaient déjà composées-l'évêque d' Assise excommunia le podestat (maire). En revanche, celui-ci fit annoncer à son de trompe dans les rues de la cité, qu'il était interdit à tout citoyen d'acheter ou de vendre quoi que fut à l'évêque et d'avoir affaire à lui. Entre eux régnait une haine farouche.

Le bienheureux François alors bien malade, eut pitié d'eux. Il souffrait de voir que personne, religieux ou séculier, ne s'entremît pour rétablir entre eu la paix et la concorde " Par des compagnons il convoqua l'évêque et le podestat et tout l'assemblée à l'Évêché. '' J'ai confiance que le Seigneur mettra dans leur cœur l'humilité et la paix… '' J'ai confiance que le Seigneur mettra dans leur cœur l'humilité et la paix… "

Quand tout le monde fut réunie sur la place du cloître de l'évêché, deux frères se levèrent et l'un d'eux prit la parole :

'' Le bienheureux François a composé peu avant sa maladie les " Louanges du Seigneur " au sujet de ses créatures , pour la gloire de Dieu et l'édification du prochain. Aussi vous demande -t-il de l'écouter avec grande dévotion. ''

Et ils se mirent à le chanter. Le podestat se leva et, les mains jointes , l'écouta dans un grand recueillement comme l'évangile du Seigneur; bientôt des larmes coulèrent de ses yeux…

A la fin du cantique, le podestat s'écria devant tout l'assemblée : '' En vérité , je vous le dis , non seulement je pardonne au seigneur évêque que je dois recon-naître pour mon supérieur, mais je pardonnerais au meurtrier de mon frère ou de mon fils. ''

Puis il se leva et se jeta aux pieds du seigneur évêque en lui disant : ' Pour l'amour de Notre- Seigneur Jésus-Christ et du bienheureux François son serviteur, je suis prêt à vous donner toute satisfaction qu'il vous plaira. " L'évêque le releva et lui dit : '' Mon office exigerait chez moi l'humilité, mais je suis naturellement porter à la colère; il faut donc me pardonner. '' Tous deux alors, avec beaucoup de bienveillance et d'affection, s'embrassèrent et se donnèrent le baiser de paix
( Legenda Antique ) ch. 88 À la louange du Roi

 

18e Portrait 1182…

En ces jours-là, une noble dame de Volusiano a enfin rejoint frère François. La voyant lasse et à bout de souffle, le Père très saint fut rempli de pitié et lui dit ; 'Que désirez vous Madame?" Mon Père, que vous me bénissez!" Et le Saint :" Êtes-vous marié ou non?" Elle répondit ; "Mon Père, j'ai un mari bien cruel qui m'est un obstacle dans le service de Jésus-Christ; ma plus grande douleur est de ne pourvoir réaliser, à cause de lui, les bons vouloirs que le Seigneur m'inspire. C'est pourquoi, je vous en prie, ô Père, priez pour lui afin que la divine miséricorde humilie son cœur".

Le Père étonné de trouver cette virilité dans une femme, cette maturité dans une âme encore jeune, fut ému de pitié et lui dit : Allez ma fille bénie, et sachez que bientôt votre mari sera pour vous une source de consolation." Il ajoute: " Dite -lui de la part de Dieu et de la mienne, que maintenant c'est le temps du salut, que plus tard ce sera celui de la justice."

Ayant reçu sa bénédiction, la femme s'en vint trouver son mari et lui rapporta cet avertissement. Soudain le Saint-Esprit descendit sur lui, changeant le vieil homme en un homme nouveau qui répondit avec douceur: "Madame, dans notre maison, servons Dieu et sauvons nos âmes!" Son épouse répondit:" Il me semble qu'il faut établir dans notre âme la continence comme le fondement sur lequel s'élèveront les autres vertus." C'est mon désir, comme c'est le vôtre", répondit-il. Dès lors et durant plusieurs années, ils menèrent une vie continente, et tous deux, le même jour, ils quittèrent heureusement la terre. (2cel. ch.9) p. 355

Un jour, à colle, dans le comté de Pérouse, frère François rencontra un pauvre qu'il avait jadis connue dans le siècle. Et il lui dit : "Frère comment vas-tu? L'autre, l'âme mauvaise, se mit à accabler de malédictions son maître le Dieu tout-puissant le maudisse que je suis en ce triste état. "Le bienheureux le voyant persister dans cette haine mortelle eut pitié de son âme, plus encore que de son corps, et lui dit: "Frère pour l'amour de Dieu pardonne à ton maître, afin de sauver ton âme; peut-être te rendra-t-il ce qu'il t'a pris; sinon, après avoir perdu tes biens, tu perdras aussi ton âme. L'homme répondit : "Il m'est absolument impossible de lui pardonner, s'il ne commence par me rendre ce qu'il m'a enlevé "le bienheureux François qui partait un manteau sur ses épaules, lui dit: "Tiens, je te donne mon manteau, et je te prie de pardonner à ton maître pour l'amour de Dieu". Attendri et désarmé par ce bienfait, le pauvre prit le manteau et oublia ses griefs (2cel. ch 56) p. 399 Lorsqu'ils vont par le monde, que les frères soient doux, pacifiques et modestes…parlant honnêtement à tous, comme il convient. (2 règles des frères ch 3 v 1.) p. 86 À la louange du Roi!


19e Portrait 1182

Devant tous ces maux dont souffrait la société, spécialement en Italie, à la fin du XIIe siècle (1182-1226), François cherchera à ramener les âmes à Dieu, par l'observance de l'Évangile. Ce retour à la pratique de l'Évangile paraît son plus grand exploit. Le peuple chrétien croyait au divin message du Seigneur mais que de fois il n'en avait pas l'intelligence t en délassait la pratique. Il existait, dans tous les milieux et à tous les degrés de la société, un affreux abîme entre la foi et la conduite de la vie, Beaucoup restaient insensibles à ce qu'il y a de plus grand dans l'Évangile.

L'objet de la réforme de François d'Assise, ce n'était pas seulement la réforme de tous les hommes, mais celles de l'homme tout entier, ola réforme de son âme et de son corps. François vit, non par un procédé philosophique, mais par une intuition, l'ordre parfait qui doit exister dans la nature; au-dessus de tout, Dieu et le monde surnaturel; dans l'homme, toute la création pour subvenir à ses besoins, lui apporter le bonheur et le conduite à Dieu.

Au milieu de tous ces maux dont souffrait l'Italie, au début du XIII siècle, François d'Assise sentit que la religion était absolument indispensable comme base de la société. Des événements qui se déroulaient sous ses yeux, il avait déduit que la société est plus qu'une simple juxtaposition d'hommes, qu'elle exige leur rapprochement, leur union et que seule la religion par la charité, son lien social par excellence, peut les unir et les faire vivre en paix. Il avait donc saisi l'importance, du point de vue social, de la vertu de religion, qui incline la volonté de l'homme à rendre à Dieu, un culte intérieur et un culte extérieur. Il constatait, chaque jour, que Dieu supprimé, l'autorité n'a plus rien de sacré et qu'en perdant ce caractère, elle perd aussi son pourvoir de diriger la société, de l'unifier et de faire vivre ses membres dans une douce paix.

Par contre, François savait que l'homme soumis à Dieu, accepte de bon cœur la place qui lui est assignée par la divine Providence; que, s'il est pauvre, il ne cherchera pas à améliorer sa condition au détriment des autres; que, s'Il est riche, il viendra en aide aux pauvres. Pour François d'Assises, il y avait pas de mal social, si ce n'est le péché, et le péché comme affectant l'individu. Ramener les hommes su péché à la grâce, du vice à la vertu, fut l'objet de ses propres efforts que lie distingue des autres mouvements de réforme de son époque.(Fr. Nobert Bettez o.f.m. P. 162)Frère François a écrit :" Nous devons avoir en haine nos corps, avec les vices et les péchés, parce que le Seigneur dit dans l'Évangile:" tous les vices et péchés sortent du cœur" (Math XV, 18-19) (1let.v 37) p.113 À la louange du Roi!


20e Portrait 1182

François d'Assises, le pauvre par excellence, cherchera à faire pénétrer ce détachement des biens de la terre dans l'esprit du peuple, Mais ce détachement intérieur, pour être possible et pour produire ses bienfaits sociaux, suppose le sens et le goût du sacrifice. François comprend que le sensualisme engendre les pires désordre; dans l'individu, c'est la perte de la notion de l'ordre; dans la société, c'est le respect de l'autorité qui disparaît.

Pour rénover l'ordre social, François s'efforcera de mettre dans tous les cœurs, par son Tiers-Ordre, le sens et le goût du sacrifice. Il veut que l'homme se mortifie dans sa chair, dans son esprit, dans sa volonté et qui renonce aux plaisirs sensibles, pour s'approcher davantage de la perfection individuelle. Il en mettre entre les mains du peuple, cette arme de la mortification, qui l'aidera à rétablir un ordre social nouveau. Il sait que le chrétien, qui a le sens et le goût du sacrifice, se sent plus fort et généreux pour accepter tous les devoirs de la vie. C'est donc par la mortification que François d'Assise veut la réforme de l'individu.

Le sens et le goût du sacrifice ont soulevé les hommes au-dessus de leurs vies rampantes et de leurs horizons bornés, pour le conduire, par la patience et la résignation, jusqu'à la sérénité, et pour les amener jusqu'à la pratique du dévouement. ( fr.N.Bettez o.f.m. p. 163-165)

Selon Thomas Celano, saint François exerçait très soigneusement sur lui et les siens une surveillance de tous les jours et même de tous les instants, ne tolérant en eux aucune souillure et chassant de leur cœur toute négligence. Très stricte observateur de la règle, il s'examinait lui-même avec une vigilance continuelle. Quand la tentation charnelle venait l'assaillir, ce qui est naturel, il lui arrivait, en plein hiver, de se jeter dans un fossé plein d'eau glacée et d'y demeurer tant que la trouble de sa chair n'était pas apaisé.

Ses compagnons suivaient avec beaucoup d'ardeur l'exemple de cette héroïque pénitence. Ils apprenaient de lui mortifier non seulement leurs vices et leurs instincts charnels, mais aussi leurs sens extérieurs par là avec pompe et fracas pour aller recevoir la couronne impérial, le très saint Père demeura dans la masure (Rivo-Torto), située pourtant au bord du chemin, et ne voulut point sortir pour regarder le cortège. Il imposa aux autres la même retenue, sauf à un frère qui devait, avec insistance, rappeler à l'empereur que sa gloire ne serait pas longue durée. (1cel. ch.16) p.229Le glorieux saint habitait en lui-même, marchait dans l'étendue spacieuse de son cœur et préparait à Dieu dans son âme une demeure digne de Lui. À la louange du Roi!


21e Portrait 1182

De plus du détachement des biens terrestres, du sens et du goût du sacrifice, François d'Assise voulut répandre dans les cœurs la flamme de la divine charité. A la fin du XIIè siècle, (1182-1226) la charité semble éteinte dans les cœurs, et c'est alors le signal des guerres privées qui ensanglantent l'Italie, François en est ému. Il conjure le mal, en enseignant aux hommes les vertus qui sont à la base de la société chrétienne: l'amour de Dieu et la divine charité. C'est ce qui faisait dire à Sa Sainteté Benoît XV: "Sachant que la charité est le commandement spécial apporté par Jésus-Christ et la synthèse de toute loi humaine, il (François) mit tous ses soins à en faire la règle spirituelle de ses enfants; et il aboutit à ce résultat que le Tiers-Ordre rendit naturellement les plus grands services à la famille humaine tout entière." (fr. N.Bettez. p.164)

L'amour du prochain lui semblait le prolongement de l'amour divin. C'est pourquoi il a beaucoup aimé les hommes, les pauvres, les misérables, parce qu'il aimait beaucoup son Sauveur. Un jour, que frère François prêchait, un homme pauvre et malade vint au lieu ou il se trouvait. Apitoyé par cette double infortune, son dénuement et sa souffrance, il se mit à s'entretenir avec son compagnon de la Pauvreté. Le Saint compatissait aux souffrances de cet homme il sentait son cœur plein d'amour pour lui lorsque son compagnons lui dit : " Frère, il est vrai que cet homme est pauvre, mai il n'y a peut-être personne dans toute la province qui désire plus que lui la richesse. "Aussitôt le Saint le réprimanda, et comme l'autre reconnaissait sa faute, il lui dit: "Cours vite, enlève ta tunique, jette-toi aux pieds du pauvre et confesse que tu es coupable. Il faut que non seulement tu lui demandes pardon, mais encore que tu sollicites de lui une prière".

L'autre obéit, fit sa pénitence et revint. Le Saint lui dit alors:" Quand tu vois un pauvre, mon frère, tu as sous les yeux le miroir du Maître et de sa pauvre Mère. Dans les infirmes, considère de même les infirmités dont il a pour nous assumé le fardeau.( 2cel. ch.52) p.396 Vraiment François avait toujours sous les yeux le sachet de myrrhe, toujours son regard était fixé sur la face de son Christ, toujours lui était présent l'homme de douleurs, qui connaît nos infirmités. (idem) "Ayons donc charité et humilité; faisons des aumônes, car elles lavent les âmes des souillures de leurs péchés. Car les hommes perdent tous les biens qu'ils doivent laisser à leur sortie de ce monde; cependant ils apportent avec eux le fruit de leur charité et les aumônes qu'ils ont faites; ils en recevront de Dieu la récompense et la digne rémunération".(fr. François)( 1 let. 30 ) p.112 À la louange du Roi


22e Portrait 1182

Frère François a dit : "Quand tu vois un pauvre, mon frère, tu as sous les yeux le miroir du Maître et de sa pauvre Mère".

A l'époque ou frère François demeurait dans palais de l'évêque de Rieti pour soigner sa maladie d'yeux, une pauvre femme de Micheline vint consulter le médecin car elle souffrait du même mal que le Saint. Le Saint alors, s'adressant familièrement à son gardien, lui parla ainsi :" Frère gardien, nous devons rendre le bien d'autrui!. Celui -ci repartit: "Si nous en possédons quelque chose , rendons-le ." Et le Saint de répondre :" Ce manteau que cette pauvre femme nous prêta, nous devons le lui rendre, car elle n'a rien dans sa bourse pour payer ses dépenses". "Mais, mon Père, répliqua le gardien, ce manteau m'appartient et personne ne nous l'a prêté; uses-en tant qu'il te plaira, et quand tu n'en voudras plus, tu me le rendras". De fait, le gardien l'avait acheté quelque temps auparavant pour les besoins du Saint, Le Saint lui dit:" Frère gardien, tu t'es toujours montré très prévenant pour moi; manifeste-moi une fois de plus ta courtoisie". Le gardien répondit ;"Mon Père, agis selon ton désir, et l'inspiration de l'Esprit".

Appelant donc un séculier très pieux le Saint lui dit: "Prends ce manteau et douze pains puis va dire à cette pauvre femme: Un pauvre à qui vous avez prêté ce manteau vous remercie de votre générosité; mais maintenant reprenez ce qui vous appartient". Il partit et répéta ce qu'on lui avait dit. La femme, pensant d'abord qu'il ses moquait d'elle, lui répondit: "Laisse-moi tranquille avec ton manteau, je ne sais ce que tu veux dire". Mais l'homme insista et lui remit tout entre les mains. Quand elle vit que ce n'était pas une plaisanterie, craignant qu'on ne lui reprit un don si généreux, elle se leva la nuit et, sans ses soucier de ses yeux, elle regagne sa maison avec le manteau.(2cel. ch 57) p. 399

· Frère François se montrait particulièrement doux et patient avec ces malades qu'il savait chancelants comme de petits enfant, troublés par les tentations et manquant, de fermeté d'esprit. Aussi évitait-il les dures corrections et, lorsqu'il n'y voyait aucun danger, ménageait -il les verges pour ménager les âmes. Prévenir les occasions de faute, empêcher la chute de celui qui, une fois à terre, aurait grand peine à se relever, tel est, disait-il, le rôle du supérieur qui est un père et non pas un tyran. Pourtant, nous savons que certaines maladies de la volonté propre sont si profondément enracinées, qu'il leur fait le cautère et non l'onguent. (2.cel. ch. 134) p. 472

* Frère François a écrit dans la Lettre aux fidèles; "Celui à qui l'obéissance est confié et qui est regardé comme grand, qu'il soit comme petit (Luc 22,26), et serviteur des autres frères; à chacun des ses frères en particulier il doit faire et garder miséricorde qu'il voudrait qu'on lui fit, s'il était en un cas semblable. Devant la faute d'autrui, il ne s'irritera pas contre ce frère; mais en toute patience et humilité, il l'avertira et le supportera avec bonté". (L.fid.v.42-44) p.113


23e Portrait 1182..

François enseignait que Dieu donne la fortune aux riches pour secourir les pauvres et gagner ainsi le ciel. Il demanda que l'on respecte les riches et les puissants.

" J'exhorte les Frères, dit-il dans sa règle, à ne pas mépriser ni juger les hommes qu'ils verront vêtus mollement, porter des habits de couleur et user d'aliments et de breuvages délicats, mais plutôt que chacun se juge et se méprise soi-même".

Pour opérer son ordre social nouveau, François d'Assise ne reculera pas devant les initiatives les plus hardies. Qu'il nous suffise de mentionner le pacte signée sous son inspiration par les nobles Assisates en faveur des Minores: les interventions positives par lesquelles, à Gubbio, Bologne, Arezzo, et dans maintes autres cités, il mit un terme aux échauffourées politiques, ou cette audacieuse législation du Tiers-Ordre, qui désarmait la féodalité, en constituant plébéiens et bourgeois en organisation indépendante, sous le couvert de l'Église. C'était heurter de front trop de préjugés et trop de passions pour ne pas soulever des inquiétudes et des rancœurs. Aux premières randonnées de ce pauvre qui semblait défie la sagesse du siècle, l'Italie éprouva un mystérieux effroi. Quand il fut irruption avec les siens dans la galerie du Belvédère, la garde pontificale le jeta dehors. Le Sacré-Collège lui-même se scandalisa de ce téméraire, qui voulait vivre l'Évangile à la lettre. C'est alors que le Cardinal Jean de Saint- Paul, et la divine Providence interviennent en faveur de François.

Dégagé de la brume de siècle, le regard de François portait plus loin que celui des hommes d'État inféodés à un système. Dans cette pauvreté totale que les princes de l'Église jugeaient chimérique et dangereuse, François voyait le gage de sa liberté d'action. " Je trouve votre vie trop dure, lui disait l'évêque d'Assise. N'a-t-il pas exagéré à renoncer ainsi à toute possessions? " François de répondre:"

Si nous avions des possessions, il nous faudrait des armes pour les défendre. Ces biens de ce monde ne vont guère sans procès et sans dissensions, au bout desquelles il a la violence et la guerre. C'est la ruine de tout amour de Dieu et du prochain."

" Comme François revenait d'Outre-mer accompagné du Frère Léonard d'Assise, il advint que, fatigué par le voyage et à bout de forces, il se servit quelque peu d'un âne comme monture. Son compagnon qui le suivait bien fatigué lui aussi, se dit en lui-même :" Mes parents et les siens n'occupaient pas la même situation. Et pourtant, c'est lui qui est en celle et moi qui vais à pied, conduisant son âne. Il en était là de ses réflexions quand tout à coup, le Saint mettant pied à terre lui dit: "Non, mon frère, il ne convient pas que je chevauche alors que tu vas à pied, car dans le siècle tu étais plus noble et plus riche que moi!" Le frère stupéfait et couvert de confusion de se voir ainsi deviné se jeta aux pieds du Saint…il mit à nu ses pensées et implora son pardon. (2 cel. Ch.5) p. 349 À la louange du Roi!


24e Portrait 1182

La réforme voulue et opérée par François d'Assise fut essentiellement respectueuse des personnes. Ce fut à la fois sa force et son originalité, François, par sa douceur, sera le restaurateur des mœurs sacerdotales, l'émancipateur des petit, sans qu'on puisse trouver dans ses écrits ou sur ses lèvres, ni condamnation de la propriété ecclésiastique, ni apostrophe contre la fortune.

François savait calmer les susceptibilités de la hiérarchie catholique, ombrageuse à toute velléité de rénovation. Loin de battre publiquement la coulpe du clergé indigne, il épuise sa charité et son tact à sauvegarder en eux l'autorité du ministère, à prévenir à leur sujet le scandale des faibles. S'adressant à ses frères, il leur dit :" Nous sommes les auxiliaires des Clercs, il nous faut donc garder l'attitude inclinée et soumise qui convient à des auxiliaires; la concorde entre eux est à ce prix et la concorde entre les clercs est le grand moyen de gagner les âmes du Seigneur."

La mentalité de François d'Assise se reflète tout entière dans ce conseil donné à ses disciples au sujet de ses contradicteurs. "Celui qui nous a justifiés peut aussi les justifier. Il est certain qu'il y a plusieurs parmi eux, qui, aujourd'hui membres du diable, deviendront de vrais disciples du Christ. Il nous précéderont peut-être. Cette pensée ne suffit-elle pas à nous éviter tout emportement de paroles? Mais nous avons bien plus, nous avons été envoyés pour guérir les malades, pour panser les blessés, pour ramener à la vérité ceux qui l'ignorent et qui errent. Voilà notre rôle. On n'accomplit pas un tel rôle par le tranchant des affirmations ou l'acrimonie des reproches; on l'accomplit quand on est devenu pacifique comme l'étaient les Apôtres, quand on est revêtu d'entrailles de bonté. Il ne suffit pas que cette bonté soit dans nos paroles, il faut qu'elle éclate dans nos œuvres, afin que tous, en nous voyant, louent à notre occasion notre commun Père des cieux". Sous la Pourpre comme sous les haillons, sa charité reconnaissait et chérissait un membre du Christ.

A des religieux qui lui conseillaient de se prémunir en cour de Rome contre les hostilités épiscopales. François réponds: "Vous voulez empêcher ma victoire sur le monde, car je veux, par la sainte humilité et le respect, convertir d'abord des prélats. Quand ils verront votre vie simple et votre humble révérence à leur égard, ils vous prieront eux-mêmes de prêcher." (fr. N.Bettez p.167) Frère François a écrit dans "la Lettre à tous les fidèles": "Nous devons aussi visiter fréquemment les églises et révérer les clercs; non seulement à cause d'eux, car ils peuvent être pécheurs, mais parce qu'ils ont l'office et l'administration du Corps et du Sang très saints de Notre-Seigneur Jésus-Christ , qu'ils sacrifient sur l'autel, qu'ils reçoivent et administrent aux autres;eux seuls doivent les administrer et non d'autres." (J. 33-35) À la louange du Roi!


25e Portrait 1182

Par son Tiers-Ordre, François voulut réagir contre le système féodal, mais il n'avait pas l'intention de le détruire complètement. Il voyait en lui des abus, des manquements de justice de la part des seigneurs à l'égard des serfs, et c'étaient ces abus qu'il voulait supprimer.

La réforme de la société n'implique pas nécessairement un changement des principes sociaux et des institutions, parce qu'ils ne sont pas toujours la cause du mal dont elle souffre. Certains réformateurs, comme Arnaud di Brescia avait attaqué le droit de la possession temporelle de l'Église et avait soulevé Rome contre les Papes. Les Albigeois s'opposaient à tout l'ordre social dit l'époque: propriété, mariage, etc… comme étant quelque chose d'intrinsèquement mauvais.

Le réforme de François d'Assise fut bien différente. Elle fut très conservatrice dans ses principes, ne censurant aucune institution, ni dans le domaine religieux, ni dans le domaine politique ou économique. Elle fut la réforme de la société par celle de l'individu. C'était une tâche infiniment délicate que d'établir le contact entre l'âme médiévale, ardente et généreuse, mais susceptible, hérissée de préjugées féodaux ou meurtrie de serviles douleurs. Il fallait pour la captiver, un rare assemblage d'enthousiasme et d'abandon, de mansuétude et d'autorité, de naturel et de distinction. La courtoisie de François y excella.

Benoît XV disait de cet homme de Dieu "qu'il était impuissant à contenir dans l'intime de son cœur l'amour séraphique qui le consumait pour Dieu et ses frères; il lui fallut le laisser déborder sur toutes les âmes qu'il pouvait atteindre. C'est ainsi qu'il se mit à réformer la vie individuelle n'était qu' un instrument dont il se servait pour réveiller au sein de la société, l'amour de la sagesse chrétienne et gagner tous les hommes à Jésus-Christ."

François d'Assise a beaucoup aimer les hommes parce qu'il a beaucoup aimer Dieu. Il a aimé aussi les âmes. "On n'aime pas Jésus-Christ, disait-il, quand on n'aime pas les âmes, pour les quelles il a donné sa vie." Pour lui, les âmes étaient son grand attrait: on peut dire qu'il n'a respiré que pour elles. C'est pour elles qu'il a lutté avec Dieu dans l'oraison, pour elles qu'il a usé ses forces à prêcher, pour elles qu'il a porté les saints exemples jusqu'à l'héroisme. C'est pour ses âmes qui désirent devenir belles, saintes et agréables à Dieu que François fonde ses trois Ordres. ( fr.N.Bettez. p. 168-169) À la louange du Roi!


26e Portrait 1182-1226


C'était en 1216. Français était en prières, au pied de l'autel, dans la petite église de Sainte-Marie de la Portioncule et voici que Notre- Seigneur lui apparaît en compagnie de sa sainte Mère et d'une troupe d'esprits angéliques.

"Vous et vous Frères, lui dit, avez beaucoup fait pour le salut des âmes: vous pouvez demander ce que vous voudrez en leur faveur et à la gloire de mon nom. Père très saint, répondit François, je ne suis qu'un pécheur: j'ose néanmoins vous supplier, puisque vous daignez m'y inviter, d'accorder cette grâce aux fidèles, que tous ceux, qui confesses et contrits, viendront visiter cette église, y reçoivent l'indulgence plénière de leur péché." Puis se tournant vers Marie; "Et je prie, continua-t-il, la bienheureuse Vierge, votre Mère, l'avocate du genre humain, de solliciter cette grâce avec moi. "Maire s'unit à lui et Jésus reprit aussitôt:" Ce que vous demandez est grand, mais vous obtiendrez plus encore. Je vous accorde l'indulgence que vous désirez à condition qu'elle soit ratifiée, pour mon Vicaire, à qui j'ai remis tous pourvoir de lier et de délier sur la terre".

Dès le lendemain, François accompagné de frère Masséo, reprit le chemin de Pérouse ou un nouveau Pape venait d'être créé, dans cette ville, pour remplacer Innocent III qui venait de mourir. Le nouveau Pape était Honorius III.

A son arrivée, le cardinal Hugolin présente François au Souverain Pontife." Très Saint Père, dit-il , il y a quelques années, j'ai réparé dans vos domaines une petite église qui est dédiée à la Mère de Dieu: Je supplie votre Sainteté de l'enrichir d'une indulgence sans obligation d'aumône. Sans obligation d'aumône, reprit de Pape, ce n'est pas la coutume de l'Église romaine; il convient que ceux qui veulent gagner une indulgence la méritent en venant en aide aux bonnes œuvres. Et pour combien d'années demandes-tu cette indulgence? Saint Père, ce ne sont pas des années, ce sont des âmes que je vous demande, des âmes!

Comment entends-tu cela? Repartit le Pape. Je désire, si votre Sainteté l'agrée, que tous ceux qui, confessés et contrits et absous, entreront dans cette église, obtiennent la rémission de toutes fautes et de toute peine pour ce monde et pour l'autre. Mais c'est là une grande chose, et tout à fait insolite; il n'entre point dans la pratique de la cour de Rome d'accorder de semblables indulgences. Aussi n'est-ce pas moi qui vous faite cette demande; c'est Notre-Seigneur Jésus Christ lui même, car c'est lui qui m'a envoyé vers vous! Il raconta en détail ce qui était arrivé; sa prière, l'apparition du Sauveur, la concession qui lui avait été faite. Le Pape s'était montré attentif. "Puisqu'il en est ainsi, s'écria-t-il, lorsque François eut fininous n'avons qu'à nous incliner; il nous plaît, oui, il nous plaît que tu aies l'indulgence que tu demandes. "François avait obtenue ce qu'il voulait…, En 1967, Le Pape Paul VI, dans sa réforme, a conservé cette indulgence.(fr. N. Bettez p. 171 (sq) À la louange du Roi!

27e Portrait 1182..1219..1220…

En 1219, François convoque un Chapitre extraordinaire, appelé le Chapitre des Nattes; ils étaient plus de cinq milles (5,000) frères…François annonce à l'assemblée son projet d'aller prêcher la foi au Soudan d'Égypte.

François quitte l'Europe avec le frère Illuminé et il se dirige vers L'Égypte (1220). Il se présente, avec son compagnon, devant le Soudan, mais sans succès. A sa deuxième audience, le Soudan offre aux deux missionnaires des possessions et des terres, s'ils veulent demeurer avec lui. François lui répond: Oui, si vous vous convertissez avec votre peuple, je fixerai volontiers ma demeure parmi vous. Vos prêtres n'ont pas voulu discuter avec moi; peut- êtres aimeront-ils mieux agir. Faites allumer un grand feu, j'entrerai dans ce feu avec eux, et vous verrez par l'effet quelle la foi la plus assurée et la plus sainte." Le Soudan répliqua: " Je ne crois pas qu'aucun des mes prêtres soit d'humeur à affronter les flammes et les tourments pour la défense de sa foi. "François se retira en refusant les présents que lui offrait le Soudan. Il revint à Venise, puis à la Portioncule. (fr. N. Bettez p. 172 sq)

Quiconque parmi les frères, par divine inspiration, voudra s'en aller chez les Musulmans et autres infidèles, qu'il y aille, avec l'autorisation de son ministre et serviteur. Les Frères qui s'en vont ainsi peuvent envisager leur rôle spirituel de deux manières: ou bien, ne faire ni procès ni disputes, être soumis à toute créature humaine à cause de Dieu et reconnaître qu'ils sont chrétiens; ou, s'ils voient que c'est la volonté de Dieu, annoncer la parole de Dieu: qu'il faut croire au Dieu tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, Créateur de toutes choses, en son Fils rédempteur et Sauveur, qu'il faut être baptisé et devenir chrétien car qui ne renaît pas de l'eau de l'Esprit-Saint, ne peut entrer au royaume de Dieu. Ils pourront donc leur parler, ainsi qu'aux autres, sur ce sujet ou sur d'autres, selon qu'il plaira au Seigneur, car le Seigneur dit dans l'Évangile: "Qui me reconnaît devant les hommes, je le reconnaîtrai devant mon Père, qui est dans les cieux, qui rougira de moi et de mes paroles, le Fils de l'homme rougira de lui quand il viendra dans sa Majesté, dans la gloire de son Père et des Saint Anges". ( 1reg. ch. 16) p.68

Tous les frères, partout ou ils sont, se rappelleront qu'Ils se sont données et qu'ils ont abandonné leur corps à N.S.J.C. et qu'ils doivent pour son amour s'exposer aux ennemis tant visibles qu'invisibles; car le Seigneur dit : "Qui perd son âme à cause de moi, le sauvera pour la vie éternelle. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront. Si on vous persécute, fuyez dans une autre ville. Ne vous troubles pas. Dans votre patience vous serez maître de vos âmes. Qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé" ( 1reg. ch. 16) p. 68 À la louange du Roi!

28e Portrait 1182…1219…

François ne gagna donc ni l'âme du Soudan ni le martyre. Cependant, il ne fut pas sans avoir été exaucé un peu, puisque les sables éclatants de l'Égypte lui donnèrent le début de sa maladie d'yeux qui, avec les larmes, le rendit aveugle aux derniers moments de sa vie. Frère François aurait passé la nuit de Noel de 1219 à Bethléem.

De Polémais, François se rendit donc en pèlerinage aux Lieux-Saints de Palestine, le cœur enivré d'un amoureux respect pour le sol qu'avaient foulé les pieds de son divin Maître. Quelques historiens racontent que François rencontra, au champ le Mélex-el-Kamel, le frère de celui-ci, Conradin, sultan de Damas, le quel l'aurait muni d'un sauf-conduit pour lui permettre de parcourir les Lieux-Saints, ce sauf-conduit l'exemptait des taxes, habituellement exigées des pèlerins chrétiens par les musulmans. Il dressa la tente de ses frères sur la sainte montage de Sion, mais il ne put rien leur confier on ne lui avait rien confié à lui-même. Les catholiques ne possédaient plus alors un seul pouce de terrain en Terre Sainte. C'est à force de patience, au prix de mille sacrifices et même de leur propre vie que nos pères acquirent peut à peu et conservèrent à la Catholicité ses plus précieux sanctuaires. Deux milles Franciscains ont enduré le martyre du sang, pour la garde de ces sanctuaires et pour la conservation de la foi parmi la chrétienté de Palestine, et plus de six mille sont morts martyrs de la charité, au chevet des pestiférés, victimes eux-mêmes de la terrible épidémie.

A la chute de Ptolémais en 1291, date lugubre, tout disparaît de la Palestine avec les Croisés: clergé et fidèles, Ordres monastiques et Ordre militaires. Les Franciscains seuls restèrent, au milieu du sang et des ruines, pour continuer, dans la mesure du possible l'œuvre des Croisés et de (frère François). Tout le monde convient qu'il est glorieux pour les Souverains Pontifes, la à garde des Lieux-Saints, au nom de toute l'Église, et d'y être restés seuls, offrant à Dieu les vœux communs de tous les fidèles dans les endroits mêmes que Notre-Seigneur a sanctifiés par sa divine présence, aussi longtemps que la Terre Sainte ne put offrir aux gardiens de ses sanctuaires que la pauvreté, les opprobres, la prison, le martyre…(fr. Valentin -M.Breton. o.f.m.) P. 114 sg.

En 1333, quelque cent ans après le décès de frère François (1226), le roi de Naples et de Jérusalem , Robert et de sa dame la reine Sanche ont acheté de Melek-en-Nasser, sultant d'Égypte, le saint Sépulcre, la basilique de Bethléem , le Cénacle et le tombeau de la Vierge. Selon la supplique officielle royale, Clément VI, pape, en 1342, a confié aux Franciscains la garde de ces Lieux-Saints. Ils sont là depuis quelques sept cents ans malgré les massacres et les épidémies.( Malo .Ad. L'épopée inachevée de nos Lieux-Saints, Montréal. 1955 p. 149

29e Portrait 1182…

Frère François rejoignit ses frères et leur dit : "Ayez courage et réjouissez-vous en Dieu; que votre petit nombre ne vous attriste pas, que ma simplicité et la vôtre ne soient pas une cause de découragement car le Seigneur m'a montré clairement qu'il nous fera grandir et nous multipliera jusqu'aux extrémités du monde. Pour votre profit je suis obligé de vous raconter cette vision que je devrais taire si la charité ne me faisait un devoir de parler:

"J'ai vue une grande multitude d'hommes qui venaient à nous pour vivre sous l'habit de notre sainte religion et selon la règle de notre bienheureux Ordre. J'ai encore dans les oreilles le bruit des pas de ceux qui allaient et venaient guidés par la sainte obéissance. J'ai vu les routes couvertes de foules qui, de presque toutes les contrées, convergeaient vers notre pays. Les Français, arrivent, les espagnols se hâtent, les Allemand et les Anglais accourent, et une immense multitude de langue diverse, précipite sa marche".

Cette révélations remplit les frères d'une joie divine, à cause de la grâce que le Seigneur avait faite à son saint et parce que, désirant ardemment le bien du prochain ils souhaitent que de nouvelles recrues, pour faire leur salut, vinssent constamment accroître leur nombre. (1 cel. Ch. 11) p. 213
Inspiré par le Seigneur, frère François a vu juste,

Voici quelques statistiques officielles:
En 1209, il y avait………………..12 Franciscains
En 1219, il y avait…………….5,000 Franciscains
En 1300, il y avait …………..40,000 Franciscains
En 1500, il y avait……………60,000 Franciscains
En 1900, il y avait……………45,000 Franciscains
En 1980, il y avait ……………21,119 Franciscains

Ces Franciscains vivent dans les pays suivants: Albanie, Allemagne, Angleterre, Argentine, Australie, Autriche, Bangla Desh, Belgique, Bolivie, Brésil, Burundi, Canada, Chili, Chine, Chypre, Colombie, Corée, Costa-Rica, Cuba, El Salvador, Égypte, Espagne, Ethiopie, France, Grèce, Guatémala, Guinée Bissau, Hollande, Honduras, Hong Kong, Hongrie, Inde, Indonésie, Irlande, Israel, Italie, Jamaique, Japon Java, Liban, Lybie, Madagsacar, Malte, Maroc, Mexique, Mozambique, Nicarague, Nigéria, Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Zélande, Norvège, Pakistan, Panama, Paraguay, Pérou, Philippines, Pologne, Portugal, Porto- Rico, Rhodésie, Ruanda, Roumanie,…Suisse, Taiwan, Tchécoslavaquie, Togo, Turquie, U.R.S.S. Vietam, Yoougoslavie, Zaire. ( Fr. N. Bettez ch, 174) À la louange du Roi!


30e Portrait  1182-1220

Le 16 janvier 1220, au Maroc, frère François l'apprend, la terre d'Afrique a reçu la semence divine avec le sang des frères Bérard, Pierre, Othon, Adjutor, Accursio, martyrisés pour Notre-Seigneur Jésus - Christ. Frère François est très heureux. (fr. N. Bettez. p.174)

Avant d'envoyer ses frères, le bienheureux père leur avait dit :" Mes chers enfants, le Seigneur m'a recommandé de vous envoyer chez les Sarrazins, pour y prêcher la foi et combattre la loi de Mahomet. Et moi j'irai, à mon tour, en d'autres pays, travailler au salut des infidèles, et j'enverrai des frères dans le monde entier. C'est pourquoi, mes chers fils, vous devez être prompts à accomplir la volonté de Dieu. Les frères s'inclinant alors devant leur père, lui dirent: " Nous sommes prêts à t'obéir en tout ce que tu nous ordonneras". François fut ravi de joie d'une telle disponibilité et poursuivit son exhortation, avec sa douceur caractéristique. "Ayez soin de conserver parmi vous la paix, la concorde, le lien indissoluble de la charité, afin d'être en meilleure condition pour remplir votre mandat apostolique. Fuyez l'envie, cause de la perdition de premier homme. Soyez patients dans la tribulation, humbles dans la prospérité, et vous serez victorieux dans tous les combats, Imitez Jésus-Christ dans la pauvreté, l'obéissance et la chasteté. Mettez en Dieu toute votre espérance et lui-même vous dirigera et vous soutiendra.

"Portez avec vous la Règle et le Bréviaire, afin de réciter l'office divin. Soyez obéissants au frère Vital, votre supérieur". (Malade, il n'a pu se rendre.) "Mes chers enfants, tout en me réjouissant de votre bonne volonté, mon cœur, en vous voyant partir, n'en éprouve pas moins de l'amertume; mais nous devons préférer l'ordre de Dieu à notre propre satisfaction. Je vous conjure d'avoir devant les yeux la Passion du Seigneur. Ce souvenir vous fortifiera et vous aidera à tout souffrir pour son amour".
" Celui qui vous envoie, veillera sur vous; je vous confie à sa garde, il vous remplira de vertu et mettra sa parole sur vos lèvres".

" Que la bénédiction de Dieu le Père descende sur vous, comme elle descendit autrefois sur les Apôtres; qu'elle vous accompagne, vous fortifie et vous console dans vos tribulations. Ne craignez rien, car Dieu est avec vous; allez donc au nom du Seigneur qui vous envoie''
Remplis de consolation et de courage par la bénédiction de leur père, ces hommes apostoliques se mirent aussitôt en route, n'ayant pour tout viatique que leur bréviaire et la grâce de Dieu. Les cinq arrivèrent au Portugal, à Coimbre, ils passèrent à Alenquer, ils se rendirent à Séville ou ils ont prêché aux Musulmans. Ils furent expulsés et embarquées pour le Maroc. Ils accomplirent ainsi l'ordre de sainte obéissance. ( Breton. VM. o.f.m. S.Frs. d'Assise Montréal 1942 p. 119)
À la louange du Roi

31e Portrait 1182

Frère François, diacre, voulait que les ministres de la parole de Dieu fussent à même de s'appliquer aux études spirituelles sans en être empêchés par aucune charge. " Ils ont été choisis, disait-il, par un grand Roi, pour transmettre au peuple les ordres qu'ils reçoivent de sa bouche" Il disait encore: "Le prédicateur doit commencer par puiser dans le secrètes prières ce qu'il répandra ensuite dans ses discours sacrés; Il doit brûler de feu intérieur avant de prononcer de froides prières". Aussi enseignait-il qu'il faut révérer cet office et vénérer ceux qui en ont la charge. Ils sont, disait-il, la vie du corps, ils combattent les démons, ils sont la pure lumière. (2cel. ch. 112) p 461

Quand aux docteurs en sacrée théologie, il les jugeait dignes d'honneurs plus grands encore. Un jour il fit écrire pour tous les frères: "Nous devons honorer et vénérer tous les théologiens et ceux. Qui nous dispensent la parole divine, car ils nous donnent l'esprit et la vie. " Un jour qu'il écrivait au frère Antoine, il fit mettre en tête de la lettre : " Au frère Antoine, mon évêque…"(2 cel. ch. 122) p. 461
· Frère François a écrit dans la règle de 1223:" Les frères ne prêcheront pas dans le territoire d'un évêque, si on les en empêche. Aucun frère n'aura jamais l'audace de prêcher au peuple, sans avoir été examiné et approuvé par le ministre général de la fraternité et sans avoir reçu de lui l'office de la prédication. J'avertis et j'exhorte les frères dans la prédication qu'ils font, leurs paroles soient pures et chastes pour l'utilité et l'édification du peuple ils annonceront les vies et les vertus, la peine et la gloire, en un bref discours , car le Seigneur a fait sur la terre une parole brève. (Rom. IX, 28) (2reg. ch.9) p. 89

*Voici "le bref discours" que frère François a écrit dans la règle de 1221; intitulé" Louange et exhortation que peuvent faire les frères". "tous mes frères, quand ils le voudront, pourront, avec la bénédiction de Dieu, prononcer, parmi tous les hommes sans distinction, cette formule d'exhortation et de louange, ou une autre pareille, Ils diront donc:" Craignez et honorez, louez et bénissez, remerciez et adorez le Seigneur Dieu tout-puissant, dans la Trinité et l'Unité, Père, Fils, et Saint-Esprit, Créateur de toutes choses. Faites pénitence, faites de dignes fruits de pénitence; car, sachez-le, vous mourrez bientôt. Donnez et on vous donnera; pardonnez et on vous pardonnera; si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs offenses, Dieu ne vous pardonnera pas vos péchés. Heureux ceux qui meurent en pénitence, car ils seront dans le royaume des cieux. Malheureux ceux qui ne meurent pas en pénitence, car ils seront fils du diable dont ils font les œuvres, et ils iront au feu éternel. Tenez-vous éloignés de tout mal, et persévérez jusqu'à la fin dans le bien". (1reg. ch 21)p.73 À la louange du Roi

32e Portrait 1182-

Voici enfin "La Lettre à tous les fidèles". Frère François alors malade ne pouvait plus visiter les bourgs pour y donner les paroles odoriférantes de Notre-Seigneur. Il a écrit sa " Lettre " vers 1221. C'est une belle jonglerie. Frère François très courtois, s'adresse à tous les fidèles.

" A tous les chrétiens, religieux, clercs et laïques, hommes et femmes, à tous ceux qui habitent dans le monde entier; le frère François, leur serviteur et leur sujet hommage et respect, vraie paix du ciel et charité dans le Seigneur. Puisque je suis le serviteur de tous, je suis tenu de me mettre au service de tous, et de distribuer à tous les paroles odoriférantes du mon Seigneur. C'est pourquoi, considérant en moi -même que je ne puis, à cause de la faiblesse et de l'infirmité de mon corps, vous visiter tous en particulier, je me suis proposé de vous adresser la présente lettre, pour vous rapporter les paroles de Notre-Seigneur Jésus Christ, qui est la parole du Père, et les paroles du Saint-Esprit, qui sont esprit et vie".

Frère François proclame d'abord les gestes d'amour du grand Roi; son Incarnation, sa Rédemption et sa Parousie: "Ce Verbe du Père, si digne, si saint et glorieux , le Père très haut en annonça la venue, par son saint archange Gabriel, à la sainte et glorieuse Vierge Marie, du sein de laquelle le Verbe reçut la chair de notre humanité et de notre fragilité. Lui qui était plus riche que tout, il voulut cependant, ainsi que sa très bienheureuse Mère, élire la pauvreté.

Proche de sa passion, il célébra la pâque avec ses disciples. Alors, prenant le pain, il rendit grâces, le bénit et le rompit, disant: " Prenez et mangez, Ceci est mon corps. Et prenant le calice, il dit :" Ceci est mon sang, celui du Nouveau Testament, qui pour vous et pour beaucoup sera répandu en rémission des péchés. "Ensuite, il pria son Père, en disant: "Père, si faire se peut que ce calice s'éloigne de moi." Et il vint une sueur comme des gouttes de sang coulant jusqu'à terre. Cependant il mit sa volonté , non comme je veux, mais comme vous voulez. "Or de ce Père, la volonté dut que son Fils béni et glorieux, qu'il nous a donnée et qui est né pour nous, s'offrit lui-même, par son propre sang, en sacrifice et en victime sur l'autel de la Croix; non pour lui-même, par qui toute chose ont été faites; mais pour nos péchés; nous laissant un exemple pour que nous suivions es traces. Il veut que tous nous soyons sauvés par lui, et que nous le recevions dans un cœur a pur et dans un corps chaste. Mais il en est peu qui veuillent le recevoir et être sauvés par lui, bien que son joug soit suave et son fardeau léger!"
( à suivre: la Parousie) À la louange du Roi


33e Portrait 1182-

Le Jongleur séraphique chante et proclame le retour du grand Roi: " Ceux qui ne veulent pas goûter combien le Seigneur est suave et qui aiment les ténèbres plus que la lumière, refusant d'accomplir les commandements de Dieu, sont maudits: c'est d'eux qu'il est dit par le prophète: "Maudits ceux qui s'écartent de tes commandements. Mais oh! Qu'ils sont bienheureux et bénis ceux qui aiment le Seigneur et font ce qu'il dit lui-même dans l' Évangile: "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme, et ton prochain comme toi- même. "Aimons donc Dieu et adorons-le d'un cœur pur et d'une âme pure."

Maintenant le Jongleur Séraphique presse ses disciples d'aimer Notre-Seigneur Jésus-Christ jusqu'à l'adoration. Dans ce but, il éclaire leur intelligence (le cognitif) et stimule leur volonté (l'affectif): "Aimons donc Dieu et adorant-le d'un cœur pur et d'une âme pure: car c'est là ce que lui-même cherche par-dessus tout, quand il dit : " Les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car tous ceux qui l'adorent, doivent l'adorer en esprit et en vérité. Disons-lui des louanges et des prières, jour et nuit, en disant: "Notre Père, qui est aux cieux. Car il nous fait toujours prier et ce cesser jamais. Nous devons en conséquence confesser au prêtre tous nos péchés, et recevoir de lui le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Celui qui ne mange pas sa Chair et ne bois pas son Sang ne peut entrer dans le royaume des cieux. Mais il faut manger et boire dignement, parce que celui qui le reçoit indignement, manger et boit sa propre condamnation, ne discernant pas le Corps du Seigneur, c'est-à-dire ne le distinguant pas des autres nourritures. Faisons en outre de dignes fruits de pénitence. Puis, aimons notre prochain comme nous-mêmes. Et si quelqu'un ne veut pas ou ne peut pas aimer les autres comme soi-même, qu'au moins il n'aille pas leur faire du mal, mais qu'il leur fasse du bien.

Quant à ceux qui ont reçu le pouvoir de juger autrui, qu'ils exercent leur charge avec miséricorde, selon qu'ils veulent eux-mêmes obtenir miséricorde du Seigneur. Car jugement sans miséricorde sera prononcé contre celui qui n'a pas fait miséricorde. Ayons donc charité et humilité; faisions des aumônes, car elles lavent les âmes des souillures de leurs péchés. Car les hommes perdent tous les biens qu'ils doivent laser à leur sortie de ce monde; cependant ils emportent avec eux, le fruit de leur charité et les aumônes qu'ils ont faites; ils en recevront de Dieu la récompense et la digne rémunération. Nous devons aussi jeûner, nous abstenir des vices et péchés et de l'excès du manger et du boire et être catholique." À la louange du Roi


34e Portrait 1182

Dans sa Lettre , le Jongleur Séraphique éclaire ses disciples afin qu'ils puissent aimer le Roi jusqu'à l'adoration: "Nous devons aussi visiter fréquemment les églises et révérer les clercs ; non seulement à cause d'eux, var ils peuvent être pécheurs, mais qu'ils ont l'office et l'administration du Corps et du sang très saint de Notre - Seigneur Jésus - Christ, qu'ils sacrifient sur l'autel, qu'ils reçoivent et qu'ils administrent aux autres. Sachons tous fermement que nul ne peut être sauvé que par le Sang de Notre - Seigneur Jésus -Christ et par les saintes paroles du Sauveur, que les clercs disent, annoncent et administrent eux seuls doivent les administrer et nous d'autres Spécialement, les religieux, qui ont renoncé au monde, sont tenus de faire plus et mieux`; mais sans omettre le reste.

Nous devons avoir en haine nos corps, avec les vices et les péchés, parce que le Seigneur dit dans l'Évangile: " tous les vices et péchés sortent du cœur ." Nous devons aimer nos ennemis et faire du bien à ceux qui nous haissent. Nous devons observer les préceptes et les conseils de Notre - Seigneur Jésus -Christ. Nous devons nous renoncer à nous - mêmes et placer nos corps sous le joug de la servitude et de la sainte obéissance, selon ce que chacun a promis au Seigneur. Et nul homme n'est tenue d'obéir à n'importe qu'à ou se commet quelque péché ou délit.

Celui à qui l'obéissance est confiée et qui est regardé comme grand, qu'il soit comme petit et serviteur des autres frères; à chacun de ses frères; mais en toute patience, et humilité, il l'avertira et le supportera avec bonté." Voilà la lumière pour l'intelligence des Franciscains et des Fidèles; voici l'énergie pour leur volonté:

"Nous ne devons pas être sages selon la chair, ni prudents; mais nous devons plutôt être simples, humbles et purs, Ayons nos corps en opprobre et mépris, parce que tous, par notre faute, nous sommes malheureux et putrides, infects et vers, comme le dit le Seigneur par le prophète:" Je suis un vers et non un hommes; l'opprobre des hommes et le rebut du peuple" Jamais nous devons désirer d'être au -dessus des autres mais nous devons plutôt être serviteurs et soumis à toute créature à cause de Dieu. Tous ceux qui agiront ainsi et persévèreront jusqu'à la fin, l'Esprit du Seigneur reposera sur eux et fera en eux habitation et demeure, et ils seront fils du Père céleste, dont ils font les œuvres; et ils sont époux, frères et mères de Notre- Seigneur Jésus - Christ.À la louange du Roi!


35e Portrait 1182…1121

Saint François, le Jongleur Séraphique, presse ses disciples d'aimer le Roi jusqu'à l'adoration ; ici, il stimule leur volonté(affectif): " Nous sommes époux, quand par l'Esprit -Saint l'âme fidèle est conjointe à Jésus-Christ. Nous sommes ses frères, quand nous faisons la volonté du Père qui est dans les cieux. Nous sommes ses mères, quand nous le portons dans notre cœur et dans notre corps par l'amour et par une conscience pure et sincère et que nous l'enfantons par la pratique du bien qui doit luire aux autres comme un exemple.

Oh! qu'il est glorieux, et saint et grand d'avoir dans les cieux un Père! Oh! qu'il est saint, beau et aimable d'avoir dans les cieux un Époux! Oh! Que c'est chose sainte et chère, reposante et humble, pacifique et douce et aimable et désirable plus que tout, d'avoir un tel Frère: un frère qui a donné son âme pour ses brebis, un frère qui a prié son Père pour nous : "Père saint, garde en ton nom ceux qui tu m'a s données. Père, tous ceux que tu m'as données. Ils les ont reçues et ils ont connu vraiment que je suis sorti de toi, et il sont cru que tu m'as envoyé. Je prie pour eux, non pour le monde; bénis-les et sanctifie-les. Pour eux je me sacrifie, pour qu'ils soient consacrés en une seule chose comme nous. Je veux, Père, qu'ils soient avec moi ou je suis, pour qu'ils voient ma splendeur dans ton royaume! Parce qu'il a tant souffert pour nous, et qu'il nous a conféré et nous conférera dans l'avenir tant de biens, que toute créature qui est dans le ciel et sur la terre, dons la mer et les abîmes, rende à Dieu louange gloire, honneur et bénédiction; car celui-là est notre vertu et notre force, qui est le seul bon, le seul très haut, le seul tout-puissant et admirable, le seul glorieux et saint, louable et béni dans les siècles infinis des siècles. Amen.

Or tous ceux qui ne sont pas en pénitence et ne reçoivent pas le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ `mais s'adonnent aux vices et aux péchés; marchent après la concupiscence mauvaise et les désirs mauvais n'observent pas ce qu'ils ont promis; sont esclaves corporellement, du monde, des désirs charnels, des soucis et des sollicitudes de ce siècles sont esclaves, spirituellement du diable qui les trompe, dont ils sont le fils, dont ils font les ouvres tous ceux-là sont des aveugles, car ils ne voient pas la vraie lumière Notre- Seigneur Jésus-Christ. Ils n'ont pas la sagesse spirituelle, car ils n'ont pas en eux le Fils de Dieu, qui est la vraie sagesse du Père. C'est d'eux qu'il est dit : "leur sagesse a été dévorée. " Ils voient, ils connaissent, ils avaient, ils font le mal. Sciemment ils perdent leurs âmes. Voyez, ô aveugles déçus par vos ennemis, qui sont la chair, le monde et le diable, qu'il est doux pour le corps de faire le péché, qu'il lui est amer de servir Dieu; car tous vices et péchés sortent et procèdent du cœur de l'homme, comme il est dit dans l'Évangile." À la louange du Roi!


36e Portrait 1182-1221

Le Jongleur Séraphique continue sa "Lettre à tous les fidèles": "Vous n'avez aucun bien en e monde ni en l'autre. Vous pensez posséder longtemps les vanités de ce monde; mais vous êtes déçus, var viendront le jour et l'heure auxquels vous ne pensez pas, que vous ne connaissez pas, que vous ne pouvez connaître, Le corps est affaibli, la mort approche, parent et amis viennent dire: " Prends tes dispositions, Épouse et fils, parents et amis feignent de pleurer. Il regarde, il les voit pleurer, il est touché d'une mauvaise émotion; il pense et se dit en lui- même : "Voici mon corps, mon âme, tous mes biens, je les mets encore vos mains.

Vraiment, cet homme est maudit, qui expose son âme, son corps, et tous ses biens en de telles mains. Aussi le Seigneur dit-il par le Prophète: "Maudit l'homme qui se confie en l'homme. "Alors ils font venir le prêtre. Le prêtre lui dit: " veux-tu recevoir pénitence de tous tes péchés? " Il répond: "Oui." Veux-tu, pour les torts que tu as commis et pour les fraudes par lesquelles tu as trompé les hommes, satisfaire, selon ton pouvoir, de tes viens? Il répond : "Non". Et le prêtre lui dit: "Pourquoi non?" "Parce que j'ai disposé de tout en faveur de mes parents et amis. "Et il commence à perdre la parole; et ainsi meurt-il, le malheureux, de mort amère.

Or que tous sachent que chaque fois et de quelque manière qu'un homme meurt en péché mortel, sans satisfaction, quand ayant pu satisfaire il n'a pas satisfait, le diable arrache son âme à son corps avec tant d'angoisse et de trouble que nul ne peut s'en faire une idée que celui qui en est victime. Tous les talents, la puissance, la science et la sagesse qu'il croyant avoir lui sont enlevés. Ses parents et amis enlèvent son héritage et se le partagent. Après cela ils disent:" Maudite soit son âme; car il aurait nous donner bien davantage et acquérir plus qu'il n'a acquis pour notre profit." Or les vers dévorent son corps. Ainsi perd-il son âme et son corps en ce siècle qui est bref, et s'en va -t-il en enfer, ou il sera tourment sans fin. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Tous ceux à qui cette lettre parviendra, moi, frère François le mineur, votre serviteur, je vous prie et vous supplie dans l'amour qu' est Dieu, et avec la volonté de vous baiser les pieds; de recevoir avec humilité et charité, d'accomplir volontiers et d'observer parfaitement ces paroles odoriférantes de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ceux qui ne savent pas lire, qu'ils se les fassent lire souvent et les gardent avec eux en les pratiquant saintement jusqu'à la fin, car elles sont esprit et vie. Qui n'agira point ainsi en rendra au jour du jugement devant le tribunal du Christ." ( à suivre) À la louange du Roi.


37e Portrait 1182 - 1221

Le Jongleur Séraphique achève sa jonglerie. "La lettre à tous les fidèles": "tous ceux à qui cette lettre parviendra, mon frère François le mineur, votre serviteur, je vous prie et vous supplie dans l'amour qui est Dieu, et avec la volonté de vous baiser les pieds; de recevoir avec Humilité et charité, d'accomplir volontiers et d'observer parfaitement ces paroles odoriférantes de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Ceux qui ne savent pas lire, qu'ils se les fassent lire couvent et les gardent avec eux en les pratiquant saintement jusqu'à la fin, car elle sont esprit et vie. Qui n'agira point ainsi en rendra compte au jour du jugement devant le tribunal du Christ. Tous ceux et toutes celles qui accueilleront bien cette lettre, la comprendront, en enverront à d'autres des exemplaires, s'ils persévèrent jusqu'à la fin, à en observer les enseignements, que les bénisse le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.

*Les pieuses exhortations de la "Lettre à tous les fidèles" n'étaient pas encore la règle de vie que ceux-ci désiraient. Il fallait en venir à des prescriptions claires, sus forme de préceptes et approuvés par l'autorité ecclésiastique. François en comprit la nécessité et aidé par son grand ami le cardinal Hugolin, il, composa, en 12221, une Règle pur les Frères et les Sœurs de la pénitence, nom que saint François donnait à ceux qui voulaient vivre comme lui, tout en restant dans le monde. La même année, Honorius III approuva la règle " Vitae vocis orculo", comme on peut le constater dans la bulle de Grégoire IX"Detestanda", adressée à tous les tertiaires de l'Italie, le 30 mars 1228.

En 1221, François dans les environs de Sienne, rencontre à Poggibonzi, l'homme qui lui parut digne d'être reçu le premier, dans le Tiers -Ordre qu'il venait de fonder. Cet homme était un habitant de Cagiano, nommé Luchesio. Son humble maison était l'auberge des pauvres de toute la contrée. Ceux-ci s'y rendaient par troupes et Luchsio voulait qu'on donnât à tous, suivant leurs besoin. Un jour qu'il avait distribué tout le pais qu se trouvait dans la huche, sa femme, qui, en embrassant la vertu, l'eût voulue plus modéré, céda à un mouvement d'humeur. D'autres pauvres étant venue, Luchsio lui ait dit tranquillement de leur donner à eux aussi un morceau de pain. "O tête sans cervelle et affaiblie par les jeûnes , lui répondit-elle, pou en prendrai-je su pain, pour le leur donner. Dans la huche, ma Bonnadonna, répliqua Luchesio en jouant agréablement sur le nom de sa femme, Aie confiance comme moi, dans celui qui a nourri cinq milles hommes avec cinq pains et deux petits poissons". Elle ouvrit la huche, mais sans avoir la confiance qui lui était demandée, O prodige! La huche apparut pleine de pains jusqu'aux bord, Émue et ravie, Bonnadonna courut se jeter aux pieds de son mari, tout en pleurant et en riant, et, à partir de ce jour, elle n'eut plus besoin d'être contrainte aux œuvres de charité. (fr. N. Bettez. o.f.m. P. 187)-38-

38e Portrait  1182..1221…

En fondant son Tiers-Ordres, François d'assise avait pour but de fournir aux personnes vivantes dans le monde, un moyen de sanctification personnelle. Il voulait installer l'évangile dans l'individu, la famille et la société. Sans doute, le tertiaire n'est lié par aucun vœu.

Mais il s'efforce de tendre à la perfection chrétienne par l'observance des commandements, conformément à la Règle de l'Ordre dûment approuvé. Restant au milieu du monde, exposé à toutes sortes de séductions, le Tertiaire doit trouver dans la Règle du Tiers-Ordre, les moyens nécessaires pour vaincre le monde et suivre le divin Maître, C'est pourquoi la Règle (de Léon XIII) prescrit:a) des moyens de sanctification qui se rapportent à la vertu de mortification, tels que: éviter le luxe, garder la modestie dans les habits de fuir les bals, les spectacles dangereux, les repas licencieux s'abstenir des excès de table, de toute parole inconvenante de ne jamais lire de mauvais livres ou journaux, les bannir de sa demeure, en interdire la lecture à ses subordonnées; et pratique jeûne corporel.

b) Après les moyens extérieurs de sanctification, la Règle expose les moyens qui regardent la vie intérieur : la prière, la confession, la sainte communion l'assistance à la sainte messe, l'examen de conscience, la récitation de l'Office divin.

Sans doute, le but premier du Tiers-Ordre est la sanctification personnel. Mais il a aussi un rôle social: la régénération chrétienne de la société. La société est malade pour s'être éloignée de Dieu et de la religion, or, le Tiers-Ordre a précisément pour but de rapprocher les individus de Dieu, en leur faisant pratique les vertus chrétiennes.(fr. N. Bettez p. 189)

* La "Lettre à tous les fidèles" résume sûrement la prédication de frère François. Reprise en 1221 par le cardinal Hugolin, grand ami de saint François, la " Lettre" est devenue la Règle de vie de 1221. Le pape Nicolas IV a crû bn et utile d'adapter la rège de 1221 aux nouvelles conditions sociales du temps, Le nouveau texte paru le 18 août 1289 avait vingt chapitres, Six cents ans plus tard, le 30 mai 1883, Léon XIII, pape, a jugé nécessaire d'adapter encore la règle de vie. Réduit à trois courts chapitres, le nouveau texte présentait toujours les leçons de la "Lettre à tous les fidèles! Léon XIII l, répété souvent. Le 24 juin 1978, selon les décisions de Vatican II, le pape Paul VI approuvé une nouvelle adaptation de la Règle de vie des Franciscains séculiers. Le prologue du nouveau texte cite la rédaction courte de la "Lettre" vingt-trois fois. C'est évident, le texte aujourd'hui en vigueur présente aux franciscains séculiers la "Lettre à tous les fidèles"
.À la louange du Roi!

39e Portrait 1181 - 1223 - 1224

Le 29 novembre 1223, le pape Honorius III a approuvé la règle de vie des Frères Mineurs; ses 12 chapitres sont encore en vigueur.

Le 14 septembre 1224, frère François a reçu les stigmates de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Frère thomas Celano (Ia Vita) nous raconte le fait : " Il demeurait dans un ermitage, nommé Alverne, nom du lieu ou il est situé, deux ans avant de rendre son âme au ciel, il (François) fut favorisé d'une vision divine. Il vit, se tenant au-dessus de lui un homme ayant six ailes comme un séraphin, les bras étendus et les pieds joints, attaché à une croix. Deux de ses ailes s'élevaient au -dessus de sa tête, deux autres se déployaient pour voler, les deux dernières lui volaient tout le corps. A cette vue le serviteur du Très-Haut fut remplie d'une extrême admiration, mais il ne parvenait pas à comprendre ce que lui voulait cette apparition. Il se réjouissait grandement d'une véhémente allégresse, de voie le bienveillant et gracieux regard que posait sur lui ce séraphin d'une beauté indescriptible, mais en même temps il état complètement dérouté par ce crucifiement et cette douloureuse passion.

Il se leva donc, triste et joyeux, peut-on dire, car la douleur et le plaisir se succédaient dans son âme. Avec inquiétude il se demandait ce que pouvait signifier cette vision, et son esprit s'épuisait à en chercher le sens. Son intelligence ne pouvait dissiper cette obscurité et son cœur était occupé de cette apparition, quand, dans ses mis e se pieds commencèrent à apparaître les marque des clous telles qu'il venait de les voir dans l'homme crucifié au-dessus de lui, ses pieds et ses mains semblaient transpercer en leur centre par des clous dont la tête apparaissait dans la paume des mains et le dessus des pieds, et qui ressortaient de l'autre côté. Ces blessures étaient rondes à l'intérieur des mains, ovales à l'extérieur et l'on voyait une excroissances de chair paraissant être la pointe des clous, repliée et rivée, qui dépassait. De même dans les pieds, on voyait comme des clous qui ressortaient.

Dans le côté droit du Saint, qu'on eût dit blessé d'un coup de lance, une plaie s'était formée qui saignait souvent, au point que ses vêtements se trouvaient mouillés par ce sang sacré. Hélas! Tant que vécu le serviteur crucifié du Sauveur crucifié combien pu méritèrent de voir la blessure sacrée de son côté. Heureux Élie qui peu l'apercevoir durant la vie du Saint. "Non moins heureux Rufin qui la toucha de ses mais. Un jour, en effet, pendant que le dit frère Rufin l'oignait les épaules, sa main glissa jusqu'au côté droit du bienheureux, et c'est ainsi qu'il lui arriva de toucher cette précieuse blessure. À ce contact le Saint de Dieu ressentit une vive douleur et il écarta la main du frère priant Dieu d'avoir pitié de lui. Il mettait en effet le même soin à cacher ses plaies aux frères qu'aux é